Changement de saison : préparer son organisme à l'automne et à l'hiver
Changement de saison : lumière du matin, sommeil, vitamine D, aliments d'automne et d'hiver, gestes barrières et plan de transition sur 2 semaines.
La vitamine D est surtout fabriquée par la peau sous l'effet des UVB, ce qui rend les apports faibles en hiver sous nos latitudes. L'alimentation n'en fournit qu'une partie. La supplémentation est recommandée chez les nourrissons et certaines populations, toujours sur avis, car un surdosage est possible.

Le terme de vitamine D regroupe deux formes principales : la vitamine D3 (cholécalciférol), produite par la peau et présente dans les aliments d'origine animale, et la vitamine D2 (ergocalciférol), d'origine végétale ou fongique. Dans les deux cas, l'organisme doit la transformer : d'abord dans le foie, en 25-hydroxyvitamine D (la forme de réserve que l'on dose dans le sang), puis principalement dans le rein, en forme active.
Des récepteurs de la vitamine D existent dans de nombreux tissus, ce qui a suscité beaucoup de recherches sur les infections, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, le diabète, l'humeur ou les maladies auto-immunes. Des études d'observation associent souvent un statut bas à un moins bon état de santé, mais un statut bas peut aussi être la conséquence d'une maladie ou d'un mode de vie (moins de sorties, moins d'activité). Plusieurs grands essais menés chez des adultes en population générale n'ont pas montré de bénéfice net clair d'une supplémentation sur ces maladies. La recherche se poursuit ; en l'état, la vitamine D n'est pas un remède universel.
Sous l'effet des rayons UVB, un dérivé du cholestérol présent dans la peau se transforme en vitamine D3. Cette production est le principal apport pour la plupart des personnes, mais elle varie énormément.
| Facteur | Effet | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Saison | En hiver, le soleil est bas : peu d'UVB atteignent le sol | Dans les pays tempérés, la synthèse est faible de l'automne à la fin de l'hiver |
| Latitude | Plus on s'éloigne de l'équateur, plus la période sans synthèse est longue | Belgique, nord de la France, Suisse et Canada sont plus concernés que le Maroc |
| Heure de la journée | Les UVB sont plus intenses autour de la mi-journée | C'est aussi le moment où le risque de coup de soleil est maximal |
| Âge | La peau produit moins de vitamine D en vieillissant | Les personnes âgées, qui sortent souvent moins, sont doublement exposées au manque |
| Couleur de peau | La mélanine filtre les UVB | Une peau foncée a besoin d'une exposition plus longue pour produire autant |
| Vêtements couvrants | La peau couverte ne produit pas de vitamine D | Statut souvent plus bas, surtout sous les latitudes nordiques |
| Vitres, pollution | Le verre bloque l'essentiel des UVB | Le soleil derrière une fenêtre n'aide pas |
| Crème solaire | Réduit la synthèse sur la zone protégée | La protection reste nécessaire contre les coups de soleil et le cancer de la peau |
| Surpoids important | La vitamine D, liposoluble, se stocke dans le tissu adipeux | Le taux sanguin tend à être plus bas |
L'organisme stocke une partie de la vitamine D produite en été, ce qui amortit la baisse hivernale, mais ces réserves ne suffisent pas toujours jusqu'au printemps. Pour les autres ajustements de l'automne (lumière du matin, sommeil, alimentation de saison), consultez notre article sur le changement de saison en automne et en hiver.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé en 2016 un apport satisfaisant de 15 microgrammes (µg) par jour pour les adultes et les enfants à partir d'un an, et de 10 µg par jour pour les nourrissons de 7 à 11 mois. Ces valeurs supposent une synthèse cutanée minimale : elles visent les personnes qui s'exposent peu au soleil. L'Anses retient pour les adultes un repère du même ordre.
Deux unités circulent sur les étiquettes : le microgramme et l'unité internationale (UI). La conversion est simple : 1 µg = 40 UI, donc 15 µg correspondent à 600 UI. Cette conversion est utile pour comparer des produits, pas pour se fixer soi-même une dose.
Ces repères concernent des populations, pas une personne en particulier. Vos besoins dépendent de votre âge, de votre exposition au soleil, de votre état de santé et de vos traitements : seul un professionnel de santé peut les évaluer.
Peu d'aliments contiennent naturellement de la vitamine D en quantité notable. Il est difficile de couvrir les repères par la seule alimentation, mais certains aliments y contribuent nettement. Les teneurs varient selon les espèces, l'élevage, la saison et la préparation ; le tableau ci-dessous est donc indicatif et qualitatif.
| Aliment | Teneur relative | Remarque |
|---|---|---|
| Huile de foie de morue | Très élevée | Riche aussi en vitamine A : pas d'usage prolongé sans avis, en particulier pendant la grossesse |
| Poissons gras (hareng, sardine, maquereau, saumon, truite, anchois) | Élevée | Les conserves (sardines, maquereaux) sont économiques et pratiques |
| Jaune d'œuf | Modérée | Dépend de l'alimentation et de l'exposition au soleil des poules |
| Foie et abats | Modérée | À consommer avec modération, notamment pendant la grossesse (vitamine A) |
| Champignons exposés aux UV | Variable | Vitamine D2 ; la teneur des champignons cultivés dans l'obscurité est faible |
| Produits laitiers et boissons végétales enrichis | Variable | Vérifier l'étiquette : tous ne sont pas enrichis |
| Beurre, fromages | Faible | Contribution modeste |
| Fruits, légumes, céréales non enrichis | Négligeable | Intéressants pour d'autres nutriments, pas pour la vitamine D |
Les repères Manger Bouger conseillent de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras : c'est aussi la principale source d'oméga-3 à longue chaîne, comme l'explique notre article sur les oméga-3 et l'équilibre avec les oméga-6. Pour les personnes végétaliennes, les sources sont surtout les aliments enrichis et, si besoin, un complément choisi avec un professionnel.
Certaines personnes ont plus souvent un statut bas en vitamine D :
Un manque modéré ne donne souvent aucun symptôme spécifique. La fatigue, souvent attribuée à la vitamine D, a de nombreuses autres causes qu'il faut faire explorer : voir notre article sur la fatigue persistante.
Le marqueur utilisé est la 25-hydroxyvitamine D (25-OH-D). Il reflète les réserves de l'organisme. Le dosage n'est pas recommandé de façon systématique : en France, la Haute Autorité de santé a restreint en 2013 ses indications à des situations précises, comme la suspicion de rachitisme ou d'ostéomalacie, les personnes âgées sujettes aux chutes, certaines situations de suivi médical (par exemple après une chirurgie de l'obésité ou une transplantation rénale) ou avant certains traitements de l'ostéoporose.
Pourquoi ne pas doser tout le monde ? Parce que, pour beaucoup de personnes à risque, le médecin peut proposer une supplémentation sans dosage préalable, et parce que les seuils d'interprétation font encore débat entre sociétés savantes. C'est donc au médecin de juger si le dosage changera réellement la conduite à tenir.
En France, la supplémentation des nourrissons et des enfants est recommandée, selon des modalités fixées par les sociétés savantes de pédiatrie et adaptées par le médecin ou le pédiatre (âge, allaitement, lait infantile déjà enrichi). Une supplémentation est aussi souvent proposée pendant la grossesse, chez les personnes âgées et chez les adultes à risque listés plus haut.
La vitamine D existe sous forme de médicaments (prescrits, avec une dose contrôlée) et de compléments alimentaires (en vente libre). Pour les nourrissons, les autorités sanitaires conseillent de privilégier les médicaments prescrits plutôt que les compléments, dont les concentrations et les compte-gouttes varient d'un produit à l'autre.
Les deux formes sont utilisées. Plusieurs travaux suggèrent que la D3 élève et maintient le taux sanguin un peu plus efficacement, mais le choix revient au prescripteur. Pour les végétaliens, il existe de la D2 et de la D3 d'origine non animale (extraite de lichens).
Pour une vue d'ensemble des précautions à prendre avec tous les compléments, consultez notre guide sur les compléments alimentaires utiles et leurs pièges.
Parce qu'elle se stocke dans l'organisme, la vitamine D peut s'accumuler. Un excès prolongé fait monter le calcium dans le sang (hypercalcémie), ce qui peut provoquer nausées, vomissements, soif intense, déshydratation, constipation, fatigue, troubles du rythme cardiaque et atteinte des reins. Le soleil, lui, ne provoque pas d'intoxication par la vitamine D : le risque vient des produits.
L'Anses a alerté à plusieurs reprises sur des cas d'intoxication chez des nourrissons ayant reçu des compléments alimentaires très dosés en vitamine D, parfois en plus d'un médicament prescrit, ou à la suite d'erreurs d'administration. Les situations à risque sont :
Si un enfant a avalé un flacon de vitamine D ou si vous avez un doute sur une dose administrée, contactez sans attendre un centre antipoison ou le 15.
Le rayonnement ultraviolet est classé cancérogène pour l'être humain par le Centre international de recherche sur le cancer : rechercher la vitamine D ne justifie jamais de s'exposer au point de rougir. L'idée est plutôt de profiter régulièrement de la lumière du jour, sans excès.
La marche quotidienne au grand jour a d'autres bénéfices : lumière pour l'horloge interne, mouvement, détente. Un praticien formé en naturopathie ou en coaching nutrition peut vous aider à intégrer ces habitudes et à enrichir votre assiette, tout en vous orientant vers le médecin pour toute question de supplémentation.
Vous souhaitez accompagner les personnes sur l'alimentation, le soleil et le rythme des saisons, avec des repères fiables et en sachant quand orienter vers un médecin ? Notre fiche détaillée présente une formation de naturopathe en ligne, certifiante, avec son programme et ses limites. Pour compléter, découvrez la formation de coach en nutrition et la formation de coach santé et bien-être, ou parcourez le catalogue complet.
Voir les 48 formationsElle permet l'absorption du calcium et du phosphore, la minéralisation des os et des dents, et contribue au fonctionnement normal des muscles et du système immunitaire. D'autres rôles sont étudiés sans conclusion ferme.
Les poissons gras (hareng, sardine, maquereau, saumon, truite), l'huile de foie de morue, le jaune d'œuf et certains aliments enrichis. Il reste difficile de couvrir les besoins par la seule alimentation.
Pas systématiquement. En France, le dosage est réservé à des situations précises définies par la Haute Autorité de santé, et c'est au médecin de juger s'il est utile.
En France, la supplémentation est recommandée chez les nourrissons et les enfants. Elle est souvent proposée pendant la grossesse, chez les personnes âgées et chez certains adultes à risque, toujours sur avis d'un professionnel de santé.
Oui, avec des compléments ou médicaments, jamais avec le soleil. Un excès fait monter le calcium sanguin et peut atteindre les reins ; l'Anses a signalé des intoxications chez des nourrissons ayant reçu des compléments très dosés ou plusieurs produits.
La D3 (cholécalciférol) est produite par la peau et présente dans les aliments d'origine animale ; la D2 (ergocalciférol) est d'origine végétale ou fongique. Plusieurs travaux suggèrent que la D3 maintient un peu mieux le taux sanguin.
En été, une exposition régulière et raisonnable y contribue largement chez beaucoup de personnes. En hiver, sous les latitudes tempérées, la synthèse est faible, et les coups de soleil restent à éviter.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
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