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Shiatsu : déroulement d'une séance et différences avec le massage

Le shiatsu est une technique manuelle japonaise de pressions exercées avec les pouces, les paumes et parfois les coudes, le long de trajets inspirés des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise. Une séance dure environ une heure, habillé, sur un futon et sans huile. Voici ses origines, le déroulement d'une séance, ses différences avec le massage et la kinésithérapie, et les précautions à connaître.

Shiatsu : déroulement d'une séance et différences avec le massage — illustration Savoirs Naturels

L'essentiel à retenir

  • Le shiatsu (en japonais « pression des doigts ») est une technique manuelle japonaise de pressions exercées avec les pouces, les paumes, parfois les coudes et les genoux, le long de trajets inspirés des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise.
  • Il a été structuré au XXe siècle, notamment par Tokujiro Namikoshi, dont l'approche a obtenu une reconnaissance officielle au Japon, puis par Shizuto Masunaga, à l'origine du Zen shiatsu.
  • Une séance dure environ une heure : on reste habillé, allongé sur un futon au sol, sans huile.
  • En France, c'est une pratique de bien-être non réglementée, à ne pas confondre avec la kinésithérapie. La recherche reste limitée ; le shiatsu complète un suivi médical sans le remplacer.

Origines japonaises du shiatsu

Le mot shiatsu associe deux termes japonais : shi, le doigt, et atsu, la pression. Il s'inscrit dans une longue histoire de techniques manuelles au Japon, en particulier l'anma, un massage traditionnel d'origine chinoise pratiqué depuis des siècles, et dans la diffusion de la médecine chinoise dans l'archipel.

Le shiatsu moderne prend forme au début du XXe siècle. Tokujiro Namikoshi (1905-2000) en est la figure la plus connue : il développe une méthode de pressions systématiques sur l'ensemble du corps, fondée davantage sur l'anatomie et la physiologie occidentales que sur la théorie des méridiens, et fonde une école à Tokyo. Au milieu du XXe siècle, le shiatsu obtient une reconnaissance officielle au Japon, où il est encadré par une licence d'État, avec l'anma et le massage, ce qui en fait au Japon une profession réglementée.

Shizuto Masunaga (1925-1981), formé à l'école de Namikoshi et diplômé en psychologie, propose ensuite une autre voie : le Zen shiatsu. Il réintroduit la théorie des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise, en élargit les trajets, et insiste sur la relation entre le praticien et la personne, l'utilisation du poids du corps plutôt que de la force musculaire, et le travail à deux mains (une main « mère » immobile, une main active). Son approche, diffusée en Occident à partir des années 1970, a fortement influencé le shiatsu pratiqué aujourd'hui en Europe.

D'autres courants existent : shiatsu des méridiens, macrobiotique, shiatsu dit « traditionnel » en France, shiatsu assis sur chaise ergonomique, pratiqué en entreprise pendant une quinzaine de minutes. Les différences portent sur la place accordée aux méridiens, le rythme et l'intensité des pressions.

Les grands courants du shiatsu en un coup d'œil
CourantRéférence principaleCaractéristiques
Shiatsu de NamikoshiAnatomie et physiologie occidentalesPressions systématiques du pouce sur l'ensemble du corps, protocole structuré
Zen shiatsu (Masunaga)Méridiens de la médecine chinoise, élargisPoids du corps, travail à deux mains, attention à la relation, palpation du hara
Shiatsu des méridiens et styles apparentésThéorie des méridiens et des pointsTravail le long des trajets, pressions plus ciblées
Shiatsu assisVariable selon l'écoleSéance courte, habillé, sur chaise ergonomique, souvent en entreprise

Les principes : pressions et méridiens

Les outils du praticien

  • Les pouces : pression fine et profonde sur des points ou le long d'un trajet.
  • Les paumes : pression large et enveloppante, pour préparer une zone ou détendre.
  • Les coudes et les avant-bras : pression plus appuyée sur les grandes masses musculaires (dos, fessiers, cuisses).
  • Les genoux, parfois, sur les cuisses ou le dos, dans certains styles.
  • Les mobilisations : étirements doux, rotations des articulations, balancements.

La pression est perpendiculaire à la surface du corps, maintenue quelques secondes, puis relâchée. Le praticien utilise le poids de son corps, en se penchant, plutôt que la force des bras : c'est ce qui donne au shiatsu une pression à la fois profonde et stable. Le rythme suit souvent la respiration de la personne, la pression s'installant pendant l'expiration.

La référence aux méridiens

Selon la médecine traditionnelle chinoise, l'énergie vitale, le qi (ki en japonais), circule dans des canaux appelés méridiens, reliés aux organes et aux fonctions du corps. Le shiatsu de tradition Masunaga vise à « rééquilibrer » cette circulation, en repérant les zones perçues comme en excès ou en vide. Notre article sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise présente ces notions. Il faut garder à l'esprit qu'il s'agit d'un cadre de lecture traditionnel : l'existence des méridiens en tant que structures anatomiques n'a pas été démontrée.

Le praticien observe aussi le hara, la région abdominale, qu'il palpe doucement en début de séance dans certains styles pour orienter son travail. Cette évaluation est énergétique et ne constitue en aucun cas un diagnostic médical.

Le déroulement d'une séance

  1. Accueil et échange (10 minutes environ) : le praticien vous interroge sur votre état général, vos attentes, vos antécédents (opérations, traitements, grossesse, douleurs). Signalez tout problème de santé.
  2. Tenue : vous restez habillé, idéalement en vêtements souples en coton (pantalon de jogging, tee-shirt à manches longues, chaussettes). Pas d'huile.
  3. Installation : vous vous allongez sur un futon, matelas japonais posé au sol, ce qui permet au praticien d'utiliser le poids de son corps. Coussins et couverture selon les besoins.
  4. Prise de contact : mains posées, pressions légères, parfois palpation du hara.
  5. Travail en différentes positions (40 à 50 minutes) : sur le ventre, sur le dos, sur le côté, parfois assis. Le praticien enchaîne pressions, étirements et mobilisations sur le dos, les membres, la nuque, la tête, les mains et les pieds.
  6. Temps de repos : quelques minutes allongé, en silence.
  7. Retour et échange : vous vous relevez lentement, buvez un verre d'eau et partagez vos ressentis. Le praticien peut suggérer des étirements simples ou un rythme de séances.

La durée totale est d'environ une heure, parfois un peu plus pour une première séance. Les tarifs se situent le plus souvent entre 50 et 80 € selon les villes et l'expérience du praticien. Les séances ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie ; certaines mutuelles proposent un forfait « médecines douces », à vérifier dans votre contrat.

Shiatsu, massage, acupression, kinésithérapie

Ces quatre pratiques font toutes intervenir les mains, mais elles diffèrent par leurs objectifs, leurs techniques et leur cadre légal.

Comparatif du shiatsu et des pratiques manuelles proches
CritèreShiatsuMassage bien-êtreAcupressionKinésithérapie
OrigineJapon, XXe siècle, à partir de l'anma et de la médecine chinoiseTraditions variées (suédoise, californienne, balinaise, ayurvédique…)Médecine traditionnelle chinoiseMédecine occidentale, profession de santé
TechniquePressions perpendiculaires, étirements, mobilisationsEffleurages, pétrissages, glissésPressions ciblées sur des points précisMassages thérapeutiques, rééducation, exercices, techniques instrumentales
TenueHabilléDévêtu, sous servietteHabillé ou non, souvent en autonomieSelon la zone traitée
SupportFuton au solTable de massageAssis ou allongéTable, plateau technique
HuileNonOuiNonSelon la technique
ObjectifDétente, bien-être, équilibre selon la traditionDétente, confort musculaireDétente, autoapaisement, tradition énergétiqueSoin, rééducation, sur prescription médicale
Cadre en FranceBien-être, non réglementéBien-être, non réglementéBien-être, non réglementéProfession de santé réglementée, diplôme d'État
RemboursementNon (mutuelle possible)NonNonOui, sur prescription

L'acupression utilise des points proches de ceux du shiatsu et se pratique facilement seul : nos 8 points d'acupression contre le stress et les tensions en donnent un aperçu. Pour comparer les massages à l'huile entre eux, consultez notre guide pour choisir entre massage californien, suédois et balinais.

Ressentis pendant et après la séance

Les sensations varient selon les personnes, le style et l'intensité choisie.

  • Pendant : pression profonde mais en principe pas douloureuse, sensation de chaleur, de diffusion le long d'un membre, détente progressive, somnolence. Certaines zones peuvent être sensibles ; une gêne passagère est possible, une douleur ne l'est pas : dites-le, la pression doit être adaptée.
  • Juste après : sensation de légèreté, de détente, parfois de fatigue agréable. Prenez le temps de vous relever et évitez de conduire immédiatement si vous vous sentez très somnolent.
  • Le lendemain : quelques personnes ressentent de légères courbatures, comme après une activité physique. Elles disparaissent en un ou deux jours. Des douleurs vives ou persistantes justifient un avis médical.

Les discours sur les « crises de détoxination » après un shiatsu n'ont pas de fondement scientifique : un malaise, une fièvre ou une douleur importante après une séance ne sont pas un signe normal et doivent être signalés à un médecin.

Ce que dit la recherche

La recherche sur le shiatsu est limitée. Quelques études et revues de la littérature se sont intéressées à ses effets sur la détente, la qualité de vie, certaines douleurs ou la fatigue, avec des résultats parfois encourageants. Mais elles souffrent de limites fréquentes : petits effectifs, durée courte, absence de groupe témoin crédible (il est difficile de concevoir un « faux shiatsu »), grande diversité des styles qui rend les comparaisons difficiles.

On peut raisonnablement dire que le shiatsu, comme d'autres approches manuelles, procure à beaucoup de personnes une sensation de détente et de bien-être, probablement liée au toucher, à l'attention portée au corps, au temps de repos et à la relation avec le praticien. En revanche, il n'existe pas de preuve solide qu'il traite une maladie, et les mécanismes énergétiques invoqués ne sont pas démontrés. Le shiatsu est donc à envisager comme un complément, jamais comme une alternative à un diagnostic ou à un traitement médical.

Contre-indications et précautions

Un praticien sérieux pose des questions avant chaque première séance et adapte ou refuse le travail si nécessaire.

  • Fièvre, infection aiguë : reporter la séance.
  • Phlébite ou suspicion de phlébite : contre-indication formelle, la pression pouvant mobiliser un caillot ; consultez un médecin en urgence en cas de mollet douloureux, chaud et gonflé.
  • Fractures récentes, entorses, lésions : pas de pression sur la zone.
  • Ostéoporose sévère : pressions très douces ou abstention, en particulier sur la colonne et les côtes.
  • Grossesse : uniquement avec un praticien formé au shiatsu pendant la grossesse, avec l'accord de la sage-femme ou du médecin ; certaines zones et certains points sont évités par tradition.
  • Traitement anticoagulant, troubles de la coagulation : risque d'hématomes, pressions légères et avis médical.
  • Cancer en cours de traitement, chirurgie récente, maladie cardiaque, hernie discale aiguë : avis médical préalable indispensable.
  • Peau : éviter les zones de plaies, brûlures, eczéma étendu, varices importantes.

Un praticien ne doit jamais poser de diagnostic, promettre de guérir, ni conseiller de modifier un traitement. En cas de douleur persistante, notre article ostéopathe, naturopathe ou sophrologue : qui consulter vous aide à vous orienter, en commençant par votre médecin.

Le statut du shiatsu en France

En France, le shiatsu est une pratique de bien-être. Il n'est pas reconnu comme profession de santé et le titre de praticien en shiatsu n'est pas protégé par la loi. Plusieurs fédérations et écoles privées proposent des cursus, avec des durées et des exigences très variables ; certaines délivrent des certifications professionnelles, mais il n'existe pas de diplôme d'État.

  • Ne pas confondre avec la kinésithérapie : le masseur-kinésithérapeute est un professionnel de santé titulaire d'un diplôme d'État, qui pratique le massage à visée thérapeutique et la rééducation. Un praticien en shiatsu ne peut pas se présenter comme kinésithérapeute ni revendiquer un objectif de soin.
  • Vocabulaire : un praticien sérieux parle de détente, de bien-être, d'harmonisation selon la tradition, et non de traitement ou de guérison.
  • Exercice : la plupart des praticiens exercent en micro-entreprise, en cabinet, à domicile ou en entreprise (shiatsu assis).

Choisir un praticien

  1. Interroger sa formation : durée du cursus, nombre d'heures de pratique supervisée, école, adhésion éventuelle à une fédération et à un code de déontologie.
  2. Vérifier son discours : méfiez-vous des promesses de guérison, des diagnostics énergétiques présentés comme médicaux et des incitations à arrêter un traitement.
  3. Poser vos questions avant la séance : style pratiqué, déroulement, tarif, assurance responsabilité civile professionnelle.
  4. Évaluer le premier contact : le praticien vous interroge-t-il sur votre santé ? Respecte-t-il vos limites et adapte-t-il la pression ?
  5. Préparer votre séance : vêtements souples, repas léger deux heures avant, liste de vos traitements et antécédents.
  6. Prolonger chez vous : quelques automassages simples entre les séances, comme ceux de notre routine d'automassage de la nuque et des épaules au bureau.

Si vous envisagez d'apprendre le shiatsu, la formation en shiatsu présente ses bases théoriques et pratiques, la formation en acupression approfondit le travail sur les points, et la formation en massage bien-être ouvre aux techniques à l'huile.

Aller plus loin : apprendre le shiatsu

Vous souhaitez découvrir les pressions, les étirements et la théorie des méridiens ? Notre fiche détaillée présente une formation en shiatsu en ligne, certifiante, avec son programme et ses limites. Pour compléter, découvrez la formation en acupression, la formation en massage bien-être et la formation en médecine traditionnelle chinoise, ou parcourez le catalogue complet.

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Questions fréquentes

Que signifie le mot shiatsu ?

Shiatsu signifie « pression des doigts » en japonais. Le praticien exerce des pressions avec les pouces, les paumes, parfois les coudes et les genoux, associées à des étirements et des mobilisations.

Comment se déroule une séance de shiatsu ?

Après un échange sur votre état de santé, vous vous allongez habillé sur un futon au sol. Le praticien travaille environ une heure en différentes positions, sans huile, puis vous laisse quelques minutes de repos.

Quelle différence entre shiatsu et massage ?

Le shiatsu se pratique habillé, au sol et sans huile, par pressions perpendiculaires et étirements, en référence aux méridiens. Le massage bien-être se pratique le plus souvent dévêtu, sur table, avec de l'huile, par effleurages et pétrissages.

Le shiatsu fait-il mal ?

La pression est profonde mais ne doit pas être douloureuse. Une gêne passagère sur une zone sensible est possible ; en cas de douleur, il faut le signaler pour que le praticien adapte la pression.

Quelles sont les contre-indications du shiatsu ?

La fièvre, la phlébite, les fractures récentes et l'ostéoporose sévère sont des contre-indications ou imposent une grande prudence. Pendant la grossesse, il faut un praticien formé et l'accord de la sage-femme ou du médecin.

Le shiatsu est-il réglementé en France ?

Non. En France, le shiatsu est une pratique de bien-être non réglementée, sans diplôme d'État. Il ne faut pas le confondre avec la kinésithérapie, profession de santé réglementée.

Le shiatsu est-il remboursé ?

Il n'est pas remboursé par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles proposent un forfait médecines douces qui peut couvrir une partie des séances, à vérifier dans votre contrat.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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