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Naturopathie pour le cheval : alimentation, plantes et précautions

Le bien-être naturel du cheval repose d'abord sur son alimentation : selon l'IFCE, au moins 1,5 % de son poids en matière sèche de fourrage par jour, de l'eau à volonté et du sel. Plantes et compléments se discutent avec le vétérinaire, notamment en compétition, où certains sont contrôlés par la FEI. Les coliques restent une urgence et plusieurs plantes de pâture sont mortelles.

Naturopathie pour le cheval : alimentation, plantes et précautions — illustration Savoirs Naturels

Cet article fait partie de notre dossier Remèdes naturels du quotidien et naturopathie : le guide complet du sujet et tous nos articles associés.

L'essentiel à retenir

  • Le cheval est un herbivore conçu pour manger longtemps et souvent : selon l'IFCE, le fourrage doit représenter au moins la moitié de la ration, avec au minimum 1,5 % du poids vif en matière sèche par jour, de l'eau à volonté et une pierre de sel à disposition.
  • Une bonne hygiène de vie (fourrage, pâturage, compagnie, routine) est le premier levier face au stress et aux ulcères gastriques. Les coliques restent une urgence vétérinaire.
  • En compétition, des compléments, y compris à base de plantes, peuvent contenir des substances interdites ou contrôlées : l'harpagophytum figure parmi les médications contrôlées de la FEI depuis 2016. Tout produit se discute avec le vétérinaire.
  • Plusieurs plantes de pâture sont redoutables : samares et plantules d'érable sycomore (myopathie atypique, mortelle dans 75 % des cas selon l'IFCE), séneçons, if. La gestion du pâturage est une mesure de prévention majeure.

Un système digestif à respecter

La naturopathie appliquée au cheval part d'un constat simple : son organisme est conçu pour une alimentation fibreuse, consommée en petites quantités tout au long de la journée et de la nuit. Le guide de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) sur les bonnes pratiques pour nourrir le cheval à l'écurie rappelle quelques repères anatomiques révélateurs : un estomac de 15 à 18 litres seulement, un intestin grêle de 16 à 24 mètres et un gros intestin de 180 à 220 litres, où les fibres sont fermentées. Une part importante de l'ingestion peut avoir lieu la nuit.

Conséquence pratique : de gros repas de concentrés espacés, des périodes de jeûne prolongées ou un manque de fibres vont à l'encontre de cette physiologie. La plupart des conseils d'hygiène de vie équine découlent de ce principe. Pour le cadre général de la naturopathie animale, ses limites légales et le rôle du vétérinaire, consultez notre article sur la naturopathie animale, ses usages et ses précautions.

Les besoins de base : fourrage, eau, sel

Les repères ci-dessous sont issus du guide de l'IFCE. Ce sont des valeurs générales : la ration d'un cheval se calcule selon son poids, son travail, son état corporel et son âge, idéalement avec le vétérinaire ou un nutritionniste équin.

Repères alimentaires de base du cheval selon l'IFCE
ÉlémentRepèreExemple ou précision
FourrageAu moins 50 % de la ration, jusqu'à 100 % pour un adulte ; au minimum 1,5 % du poids vif en matière sèche par jour, jamais moins de 1 %Cheval de 600 kg : 9 kg de matière sèche, soit environ 10,5 kg de foin
PaillePas plus de 30 % du fourrageElle ne doit pas être le seul fourrage
ConcentrésSeulement si nécessaire ; pas plus de 2 kg par repasAu moins deux distributions par jour, à heures fixes
EauÀ volonté, propre, contrôlée chaque jourUn cheval boit de 20 à 80 litres par jour selon l'alimentation, la météo et l'effort
SelPierre de sel nature à disposition en permanenceÉlectrolytes à discuter après un effort intense et prolongé
TransitionsChanger d'aliment progressivement, sur 10 à 20 joursToute modification brutale de ration est un facteur de risque digestif
État corporelNote d'état corporel à surveiller chaque moisUne perte de poids inexpliquée justifie une consultation

L'IFCE recommande aussi de distribuer une partie du fourrage avant les concentrés du matin et une large part le soir, pour couvrir la nuit. Les filets à foin à petites mailles allongent le temps d'ingestion, ce qui rapproche le rythme alimentaire du cheval de celui du pâturage.

Ulcères gastriques : ce que l'hygiène de vie peut faire

Le syndrome d'ulcère gastrique équin regroupe des lésions de la partie non glandulaire et de la partie glandulaire de l'estomac, considérées comme deux affections distinctes. Les signes sont souvent vagues : baisse de performance, appétit capricieux, perte d'état, poil terne, sensibilité au sanglage, irritabilité. Le diagnostic repose sur une gastroscopie réalisée par le vétérinaire ; le traitement médicamenteux, lorsqu'il est nécessaire, est prescrit par lui.

Les facteurs de risque décrits par les vétérinaires équins sont en grande partie liés au mode de vie : stress, apport insuffisant de fourrage (moins de mastication, donc moins de salive pour tamponner l'acidité), exercice sur estomac vide, paille comme seul fourrage. C'est là que l'hygiène de vie intervient, en prévention ou en complément du traitement :

  • Fourrage à volonté si possible, jamais moins de 1,5 % du poids vif en matière sèche.
  • Petits repas fréquents plutôt que deux gros repas de concentrés.
  • Un peu de fourrage ou de fibres hachées avant le travail, pour limiter les remontées acides.
  • Sorties au pré et contact avec des congénères aussi souvent que possible.
  • Routine stable : horaires de repas réguliers, changements progressifs.

De nombreux compléments « digestion » à base de plantes sont proposés ; leur efficacité est généralement peu documentée et ils ne remplacent ni le diagnostic ni le traitement. Parlez-en au vétérinaire, d'autant que certains peuvent poser problème en compétition.

Coliques : reconnaître l'urgence

Le terme « colique » désigne une douleur abdominale, dont les causes vont d'un simple spasme à une torsion intestinale nécessitant une chirurgie. Aucune approche naturelle n'a sa place en première intention : la colique est une urgence vétérinaire.

Coliques : signes et conduite à tenir
Signes possiblesConduite à tenir
Grattage du sol, regards vers les flancsAppeler le vétérinaire
Se couche et se relève, se rouleAppeler le vétérinaire sans attendre, se protéger des coups
Sudation, agitation, respiration rapideUrgence
Absence de crottins depuis une demi-journéeAppeler le vétérinaire (repère IFCE)
Refus de plus de la moitié du fourrageAppeler le vétérinaire (repère IFCE)
  1. Appeler le vétérinaire en décrivant les signes, leur début, l'état des crottins et ce que le cheval a mangé.
  2. Retirer la nourriture en attendant ses consignes.
  3. Ne rien administrer sans son accord, ni médicament, ni plante, ni huile : cela peut masquer les signes et fausser l'examen.
  4. Noter la fréquence cardiaque si vous savez la prendre, et suivre ses consignes pour la marche en main.

Stress et bien-être : les besoins sociaux

Animal de troupeau et proie, le cheval a besoin de congénères, de mouvement et de fourrage pour être serein. Un cheval isolé, confiné au box de longues heures, nourri à heures très espacées, cumule les facteurs de stress. Les comportements répétitifs (tic à l'appui, tic à l'ours, déambulation en box) sont souvent associés à ces conditions de vie et doivent conduire à revoir l'environnement avec le vétérinaire.

  • Compagnie : contact visuel, auditif et si possible physique avec d'autres chevaux.
  • Liberté de mouvement : sorties quotidiennes au pré ou au paddock, ou vie en groupe.
  • Mastication : fourrage disponible longtemps, filets à foin.
  • Prévisibilité : routines de soins et de repas stables, changements introduits progressivement.
  • Toucher : pansage calme, moments de contact choisis ; des techniques de massage peuvent compléter ces moments, sans se substituer à un examen en cas de douleur.

Les produits « calmants » méritent une prudence particulière : la FEI rappelle que les substances calmantes ou stimulantes contenant une substance interdite sont prohibées en compétition, et que l'usage de calmants pendant une épreuve peut avoir des conséquences de sécurité importantes.

Articulations et cheval âgé

L'arthrose est fréquente chez le cheval vieillissant ou ayant beaucoup travaillé. Une boiterie, une raideur au démarrage ou une réticence à certains exercices imposent d'abord un examen vétérinaire : la cause peut être articulaire, mais aussi un pied, un tendon, le dos ou les dents. Le maréchal-ferrant est également un acteur clé.

Côté hygiène de vie, les leviers les plus utiles sont un mouvement régulier et modéré (le pré vaut mieux que le box), le contrôle du poids, un sol adapté et un échauffement progressif. Les compléments articulaires, à base de plantes ou non, ont un intérêt variable et rarement démontré ; ils se discutent avec le vétérinaire, en particulier en compétition.

Plantes utilisées chez le cheval et règles antidopage

La phytothérapie équine s'appuie surtout sur des usages traditionnels, avec peu d'essais cliniques. Un point est spécifique au cheval de sport : les règles antidopage. La Fédération équestre internationale (FEI) tient une liste des substances interdites, qui distingue les substances prohibées et les médications contrôlées. Elle a émis des avertissements sur les compléments, y compris à base de plantes, et sur les produits dont la composition n'est pas connue avec certitude. En France, les compétitions nationales relèvent aussi de règles de contrôle : renseignez-vous auprès de votre fédération et de votre vétérinaire.

Plantes et compléments chez le cheval : points de vigilance
ProduitUsage traditionnel évoquéVigilance
Harpagophytum (griffe du diable)Confort articulaire et musculaireSon principe actif, l'harpagoside, figure parmi les médications contrôlées de la FEI depuis le 1er janvier 2016
Plantes à visée calmanteApaisement avant transport ou concoursLes produits calmants contenant une substance interdite sont prohibés en compétition FEI ; vérifier chaque composition
Compléments à composition impréciseDiversRisque de contamination par des substances non déclarées, comme la caféine ou la théobromine, cité par la fédération suisse
Plantes digestivesConfort digestifNe remplacent ni le fourrage ni le diagnostic d'ulcère
  • Informer le vétérinaire de tout complément et du calendrier de compétitions.
  • Conserver emballages et numéros de lot des produits utilisés.
  • Éviter les contaminations croisées : mangeoires nettoyées, contenants séparés, attention à la litière partagée avec un cheval traité.
  • Consulter la liste de la FEI ou son application en cas de doute, et ne pas se fier au seul mot « naturel ».

Les plantes de notre article sur les 20 plantes médicinales de la phytothérapie sont présentées pour l'usage humain ; leur emploi chez le cheval se discute avec un vétérinaire.

Plantes toxiques de la pâture

Certaines plantes présentes dans ou autour des pâtures sont responsables d'intoxications graves. Les trois exemples ci-dessous sont parmi les plus importants à connaître ; pour les plantes toxiques chez le chien et le chat, consultez notre article sur la naturopathie animale cité plus haut.

Trois dangers majeurs de la pâture pour le cheval
PlanteRisquePériode et prévention
Érable sycomore (et érable negundo)Myopathie atypique : faiblesse musculaire généralisée, issue fatale dans 75 % des cas selon l'IFCE. Toxines en cause : hypoglycine A et MCPrGAutomne (samares au sol, surtout après vent ou fortes pluies) et printemps (plantules). Clôturer les zones sous les arbres, distribuer du fourrage, réduire le temps de pâturage, nettoyer les abreuvoirs
Séneçons (séneçon du Cap, séneçon de Jacob)Atteinte progressive et chronique du foie par les alcaloïdes pyrrolizidiniques : jaunisse, photosensibilisation, troubles nerveux en phase terminaleRepérer et arracher les pieds, surveiller bords de routes et prairies dégradées ; les plantes restent dangereuses une fois sèches dans le foin
If (Taxus baccata)Toxicité cardiaque, mort possible très rapide, même avec de petites quantitésAucun if accessible depuis les pâtures ; ne jamais jeter de branches taillées à portée des chevaux

L'IFCE précise que l'érable plane, l'érable champêtre et le frêne commun ne sont pas en cause dans la myopathie atypique : savoir reconnaître l'érable sycomore évite des abattages inutiles. Selon le Centre national d'informations toxicologiques vétérinaires (CNITV) de Lyon, le séneçon du Cap est le plus hépatotoxique des séneçons ; le séneçon de Jacob demande une consommation importante et prolongée pour intoxiquer. En cas de doute sur une intoxication, le CNITV répond 24 h sur 24 au 04 78 87 10 40, en complément de l'appel au vétérinaire.

Gérer le pâturage pas à pas

  1. Inventorier les arbres et haies en bordure et à l'intérieur des parcelles, y compris chez les voisins : érables sycomores, ifs, arbustes d'ornement.
  2. Parcourir les prés à chaque saison pour repérer séneçons et plantes inconnues ; photographiez-les et faites-les identifier en cas de doute. Notre article sur les confusions entre plantes sauvages rappelle à quel point l'identification demande de la rigueur.
  3. Éviter le surpâturage : une prairie rase pousse les chevaux à consommer ce qu'ils délaissent d'ordinaire, et les trous dans le couvert végétal favorisent l'installation des plantes indésirables.
  4. Adapter les périodes à risque : en automne et au printemps près des sycomores, fourrage complémentaire, temps de pâturage réduit, zones à risque clôturées.
  5. Contrôler le foin : vérifier l'absence de séneçons, de samares ou de plantules dans les balles.
  6. Surveiller l'eau : abreuvoirs nettoyés régulièrement, attention aux feuilles, fleurs et samares tombées dedans.

Le rôle du vétérinaire et de l'IFCE

Le vétérinaire équin est le seul habilité à diagnostiquer et traiter les maladies du cheval : coliques, ulcères, boiteries, intoxications. Il est aussi le meilleur interlocuteur pour valider un complément, en particulier pour un cheval de compétition. Aucun conseil d'hygiène de vie ne doit conduire à interrompre un traitement ou un programme de vermifugation qu'il a établi.

L'IFCE (Institut français du cheval et de l'équitation) publie de nombreuses ressources pratiques et gratuites sur l'alimentation, la santé et la gestion des pâtures, notamment via sa plateforme Equipédia. C'est une référence fiable pour vérifier un repère alimentaire ou s'informer sur un risque saisonnier.

Les praticiens du bien-être équin, eux, interviennent sur le confort, la relation et l'hygiène de vie, en complément du suivi vétérinaire. Notre article sur les métiers du bien-être animal présente ces activités et leurs limites. La formation en naturopathie animalière aborde les besoins des différentes espèces, et la formation en massage bien-être les bases des techniques de toucher.

Aller plus loin : le bien-être naturel du cheval

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Sources de référence pour aller plus loin

Ces ressources d'organismes publics et scientifiques permettent de vérifier et d'approfondir les informations générales de cette page. Elles ne cautionnent ni Savoirs Naturels ni les formations présentées. Notre charte éditoriale détaille notre méthode.

Questions fréquentes

Combien de foin un cheval doit-il manger par jour ?

L'IFCE recommande au minimum 1,5 % du poids vif en matière sèche de fourrage par jour, jamais moins de 1 %. Pour un cheval de 600 kg, cela représente 9 kg de matière sèche, soit environ 10,5 kg de foin.

Combien d'eau boit un cheval ?

Selon l'IFCE, un cheval boit de 20 à 80 litres par jour selon son alimentation, la météo et son travail. L'eau doit être disponible à volonté et propre, avec un contrôle quotidien.

Que faire en cas de colique chez le cheval ?

Appelez immédiatement le vétérinaire, retirez la nourriture et n'administrez rien sans son accord. La colique peut aller du simple spasme à une torsion intestinale nécessitant une chirurgie.

L'harpagophytum est-il autorisé en compétition ?

Son principe actif, l'harpagoside, figure parmi les médications contrôlées de la FEI depuis le 1er janvier 2016. Avant toute compétition, vérifiez chaque complément avec votre vétérinaire.

Pourquoi l'érable sycomore est-il dangereux pour le cheval ?

Ses samares en automne et ses plantules au printemps contiennent des toxines responsables de la myopathie atypique, fatale dans 75 % des cas selon l'IFCE. L'érable plane, l'érable champêtre et le frêne ne sont pas en cause.

Le séneçon est-il toxique pour le cheval ?

Oui, ses alcaloïdes pyrrolizidiniques détruisent progressivement le foie. Le séneçon du Cap est le plus toxique ; les plantes restent dangereuses une fois sèches dans le foin.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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