Bien-être

Plantes pour chien et chat : usages traditionnels, formes et précautions

Une plante utile chez l'humain n'est pas forcément sûre pour un chien ou un chat, et le chat est particulièrement vulnérable. La plupart des usages sont traditionnels et peu étudiés chez l'animal, à l'exception des plantes à chat comme la cataire et la vigne argentée, utiles pour l'enrichissement. Toute utilisation se discute avec le vétérinaire, sans posologie maison.

Plantes pour chien et chat : usages traditionnels, formes et précautions — illustration Savoirs Naturels

Cet article fait partie de notre dossier Remèdes naturels du quotidien et naturopathie : le guide complet du sujet et tous nos articles associés.

L'essentiel à retenir

  • Une plante utile chez l'humain n'est pas automatiquement sûre pour un chien ou un chat : métabolisme, poids et sensibilités diffèrent, et le chat élimine mal de nombreuses molécules.
  • La plupart des usages de plantes chez l'animal sont traditionnels : les études cliniques vétérinaires sont rares et souvent de faible qualité. Les plantes à chat (cataire, vigne argentée, valériane) sont les mieux documentées, mais comme outils d'enrichissement, pas de soin.
  • Même une plante courante peut poser problème : l'ASPCA classe la camomille romaine comme toxique pour le chien, le chat et le cheval. Les teintures alcooliques et les huiles essentielles sont à exclure chez le chat.
  • Un produit qui revendique de prévenir ou traiter une maladie relève du médicament vétérinaire ; beaucoup de produits à base de plantes sont vendus comme aliments complémentaires, à la composition parfois floue. Avis vétérinaire avant tout usage, et jamais d'arrêt d'un traitement prescrit.

Pourquoi on ne transpose pas l'humain à l'animal

La phytothérapie humaine repose sur une longue tradition et, pour certaines plantes, sur des évaluations officielles. Chez le chien et le chat, ces données n'existent le plus souvent pas. Transposer un usage humain à un animal pose trois problèmes.

  • Le métabolisme : le chat a une capacité très réduite de glucuronidation, une voie du foie qui élimine de nombreuses substances. L'Anses rappelle par exemple qu'il ne possède pas l'enzyme nécessaire pour dégrader le paracétamol, dont une très petite dose peut lui être fatale. Le même principe vaut pour des composés végétaux comme les phénols.
  • Le poids et la concentration : un chat de 4 kg pèse quinze fois moins qu'un adulte. Une quantité anodine pour un humain peut devenir significative.
  • Le régime alimentaire : le chat est un carnivore strict, le chien un carnivore à tendance omnivore. Leur digestion des végétaux et leur tolérance diffèrent de la nôtre et entre elles.

Il faut donc distinguer trois niveaux : l'usage traditionnel (transmis par l'expérience), les données chez l'animal (observations, petites études) et la preuve clinique (essais contrôlés solides), rarissime pour les plantes chez le chien et le chat. Pour le cadre général, la liste des plantes toxiques et les signes qui imposent le vétérinaire, consultez notre article sur la naturopathie animale et ses précautions : nous ne la reprenons pas ici. Les monographies de notre article sur les 20 plantes médicinales de la phytothérapie concernent, elles, l'usage humain.

Les plantes les plus citées : usages et précautions

Le tableau ci-dessous présente des plantes souvent évoquées pour le chien et le chat. Il ne constitue ni une recommandation ni une posologie : toute utilisation se discute avec le vétérinaire.

Plantes citées pour le chien et le chat : usage traditionnel, preuve et précautions
PlanteUsage traditionnel évoquéEspèceNiveau de preuve chez l'animalPrécautions
Cataire (Nepeta cataria)Enrichissement, jeuChatRéaction comportementale bien documentéeUsage ponctuel ; l'ASPCA signale vomissements ou diarrhée en cas d'ingestion, sédation ou excitation selon les chats
Vigne argentée (Actinidia polygama)EnrichissementChatRéaction comportementale documentéeBâtonnets ou poudre en usage ponctuel, sous surveillance
Valériane (Valeriana officinalis)Apaisement (chien) ; attraction (chat)Chien, chatAttraction documentée chez le chat ; effet apaisant non démontré chez le chienPas d'association avec un sédatif ou un anxiolytique prescrit ; avis vétérinaire
Mélisse (Melissa officinalis)Apaisement, digestionChienPas de donnée clinique solideClassée non toxique pour le chien, le chat et le cheval par l'ASPCA ; cela ne dit rien de son efficacité
CamomilleDigestion, apaisementChienPas de donnée clinique solideLa camomille romaine (Anthemis nobilis) est classée toxique pour le chien, le chat et le cheval par l'ASPCA (irritation, troubles digestifs, réactions allergiques, tendance aux saignements en usage prolongé)
Harpagophytum (griffe du diable)Confort articulaireChienDonnées limitées et de faible qualitéJamais en association avec un anti-inflammatoire sans avis ; prudence en cas de troubles digestifs
CurcumaConfort articulaire, digestionChienDonnées limitéesInteractions possibles avec certains traitements ; pas de supplémentation au long cours sans avis
Graminées germées (blé, avoine, orge)Herbe à mâcherChatComportement naturel, fonction débattueCultures sans traitement ; consulter si vomissements fréquents

« Non toxique » ne veut pas dire « efficace », et « traditionnel » ne veut pas dire « sûr pour l'animal ». Ce sont deux questions distinctes.

Cataire, vigne argentée, valériane : les plantes à chat

Ce sont les plantes les mieux étudiées chez le chat, mais pour leur effet sur le comportement, pas pour un quelconque soin. Une étude publiée en 2017 dans BMC Veterinary Research a testé 100 chats domestiques : 79 % réagissaient à la vigne argentée, 68 % à la cataire, 53 % au chèvrefeuille de Tatarie et 47 % à la racine de valériane. Parmi les 31 chats insensibles à la cataire, 22 réagissaient à la vigne argentée : de quoi proposer une alternative d'enrichissement à un chat indifférent à l'herbe à chat classique.

Le mécanisme commence à être compris. Des chercheurs japonais et britanniques ont montré en 2021, dans Science Advances, que le népétalactol, principal composé actif de la vigne argentée, déclenche frottements et roulades, et que cette réponse s'accompagne d'une élévation des bêta-endorphines et implique le système opioïde. En se frottant, le chat dépose le composé sur sa tête et son pelage, ce qui réduisait les piqûres de moustiques dans leurs expériences : le comportement aurait donc aussi une fonction de protection contre les insectes.

Bien les utiliser

  • Proposer la plante séchée dans un jouet ou sur un griffoir, quelques minutes, puis la ranger : l'effet s'estompe et une exposition permanente lui fait perdre son intérêt.
  • Observer : certains chats deviennent excités ou irritables. Éviter de l'offrir à deux chats en tension en même temps.
  • Les chatons très jeunes réagissent peu ou pas : une étude menée sur 60 chats de refuge au Mexique n'a observé aucune réponse active avant 3 mois.
  • Ne pas en faire un outil pour « calmer » un chat stressé : le stress se travaille par l'environnement, comme l'explique notre article dédié au chat stressé.

Herbe à chat et chiendent : pourquoi le chat mâche de l'herbe

Beaucoup de chats mâchent de l'herbe, puis la régurgitent parfois. Les raisons restent débattues : comportement naturel, apport de fibres, aide à l'évacuation des poils ingérés lors de la toilette… Aucune hypothèse n'est formellement établie. Ce qui est sûr, c'est qu'un chat d'intérieur apprécie souvent d'avoir à disposition de l'herbe à mâcher, et qu'il vaut mieux la lui offrir que de le laisser se rabattre sur des plantes d'intérieur potentiellement toxiques.

L'« herbe à chat » vendue en jardinerie est généralement un mélange de céréales germées (blé, avoine, orge), à ne pas confondre avec la cataire. Le chiendent, graminée sauvage fréquente, est aussi brouté spontanément par les chats qui sortent ; en phytothérapie humaine, c'est sa racine qui est utilisée traditionnellement, un usage qui ne se transpose pas au chat.

  1. Semez des graines non traitées dans un pot de terreau sans engrais, arrosez légèrement.
  2. Proposez l'herbe quand elle atteint quelques centimètres, et renouvelez le pot régulièrement : une herbe jaunie ou moisie se jette.
  3. Placez le pot loin des plantes d'intérieur, pour que le chat associe ce coin à « son » herbe.
  4. Surveillez : des vomissements fréquents, une perte d'appétit ou un amaigrissement ne s'expliquent pas par l'herbe et justifient une consultation.

Tisane, poudre, extrait : les formes et leurs pièges

La forme d'une préparation change sa concentration, sa sécurité et son acceptation par l'animal. Le tableau ci-dessous résume les principales.

Formes de préparation à base de plantes et adaptation au chien et au chat
FormeCaractéristiquesChienChat
Infusion ou tisane refroidiePeu concentrée, composition variable selon la préparationPossible sur avis, sans sucre ni édulcorantRarement acceptée ; avis vétérinaire indispensable
Plante sèche en poudrePlante entière broyée, dosage imprécisPossible sur avisPrudence : goût, tolérance digestive
Extrait sec standardiséTeneur en composés contrôlée, plus concentréProduits vétérinaires dédiés de préférenceUniquement produits prévus pour le chat
Teinture mère ou extrait alcooliqueContient de l'alcoolDéconseilléeÀ exclure
Macérat glycérinéSans alcool, goût sucréSur avisSur avis, avec prudence
Huile essentielleTrès concentrée, nombreuses molécules à risqueGrande prudence, jamais pure ni par voie orale sans avisÀ exclure

Les tisanes conçues pour l'humain, comme celles de notre article sur les tisanes maison, contiennent souvent des mélanges (réglisse, plantes aromatiques, agrumes) non adaptés aux animaux. Ne partagez pas votre tasse. Pour les huiles essentielles, référez-vous à notre article sur les huiles essentielles dangereuses.

Différences entre chien et chat

  • Tolérance : le chien tolère davantage de composés que le chat, sans pour autant être à l'abri d'effets indésirables. Le chat reste l'espèce la plus vulnérable.
  • Acceptation : le chien accepte assez facilement une poudre mélangée à sa ration ; le chat détecte et refuse souvent tout goût nouveau, ce qui pousse à forcer, une source de stress en soi.
  • Gabarit : du chihuahua au dogue, le poids des chiens varie énormément ; les produits pour chiens ne doivent jamais être donnés à un chat.
  • Comportement de toilettage : tout ce qui est déposé sur le pelage d'un chat sera ingéré. Lotions, sprays et poudres végétales sont donc aussi des expositions orales.
  • Plantes du foyer : le chat grimpe, mâchonne les feuilles et boit l'eau des vases ; vérifiez les plantes d'intérieur et les bouquets.

Le statut des produits à base de plantes

En France, un produit présenté comme ayant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies animales relève en principe du médicament vétérinaire, qui nécessite une autorisation délivrée par l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV, rattachée à l'Anses). Dans les faits, de nombreux produits à base de plantes pour animaux sont commercialisés comme aliments complémentaires, additifs ou produits d'hygiène, catégories qui ne doivent pas revendiquer de traiter une maladie.

Dans un avis de 2021 consacré aux animaux producteurs de denrées, l'Anses qualifiait ces produits de « produits frontières » : leurs usages ressemblent souvent à ceux d'un médicament, sans les obligations correspondantes, et leur étiquetage reste fréquemment vague sur la composition, la partie de plante utilisée, l'origine et la dose. En 2023, en réponse à une question écrite de l'Assemblée nationale, le gouvernement indiquait que les travaux en cours pourraient à terme permettre une catégorie de médicament vétérinaire à base de plantes répondant à des exigences minimales d'efficacité et de sécurité.

Pour le propriétaire, quelques réflexes de lecture d'étiquette :

  • Le produit précise-t-il le nom latin de la plante, la partie utilisée et la quantité par dose ?
  • Est-il prévu pour l'espèce de votre animal (chien ou chat) ?
  • Contient-il de l'alcool, des huiles essentielles ou des édulcorants (le xylitol est dangereux pour le chien) ?
  • Promet-il de « soigner », « guérir » ou « remplacer » un traitement ? C'est un signal d'alerte.

Précautions et interactions

  • Aucune posologie maison : les doses humaines ne se convertissent pas au poids de l'animal, et les données vétérinaires manquent pour la plupart des plantes. Seul le vétérinaire peut fixer un usage adapté.
  • Interactions : signalez toute plante au vétérinaire, en particulier si l'animal reçoit un anti-inflammatoire, un anticoagulant, un traitement cardiaque, un anticonvulsivant ou un sédatif.
  • Situations à risque : gestation, allaitement, chiots et chatons, animaux âgés, maladie du foie ou des reins, chirurgie programmée.
  • Traitements prescrits : ne jamais arrêter ni remplacer un traitement vétérinaire, ni un antiparasitaire ou un vermifuge, par une plante.
  • Cueillette : les confusions entre plantes sauvages sont fréquentes ; voyez notre article sur la cueillette des plantes sauvages en sécurité.
  • Stockage : rangez plantes, poudres et flacons hors de portée ; un chien peut ingérer un sachet entier.

Quand consulter le vétérinaire

Consultez sans attendre en cas d'ingestion suspectée d'une plante inconnue ou d'un produit concentré (emportez l'emballage ou un échantillon), de vomissements répétés, de salivation abondante, de tremblements, de démarche anormale ou d'abattement. Pour tout symptôme qui persiste, la plante n'est pas une réponse : un diagnostic est nécessaire. Les praticiens formés en phytothérapie ou en naturopathie animalière travaillent dans ce cadre, en complément du vétérinaire. La formation en phytothérapie présentée sur notre site aborde les plantes et leurs précautions chez l'humain, et la formation en naturopathie animalière les spécificités des animaux. Pour aller plus loin sur les approches naturelles en général, notre guide des remèdes naturels et de la naturopathie rassemble nos articles de référence.

Aller plus loin : les plantes au service du bien-être animal

Vous voulez comprendre comment les plantes peuvent s'intégrer, avec prudence, à l'hygiène de vie des animaux de compagnie, et en connaître les limites ? Notre fiche présente une formation en naturopathie animalière en ligne, certifiante, avec son programme. Pour approfondir la connaissance des plantes, découvrez aussi la formation en phytothérapie et la formation de naturopathe, ou parcourez l'ensemble de notre catalogue.

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Sources de référence pour aller plus loin

Ces ressources d'organismes publics et scientifiques permettent de vérifier et d'approfondir les informations générales de cette page. Elles ne cautionnent ni Savoirs Naturels ni les formations présentées. Notre charte éditoriale détaille notre méthode.

Questions fréquentes

Quelles plantes sont sans danger pour un chat ?

Aucune plante n'est sûre en toutes circonstances. Les graminées germées (herbe à chat) et la cataire en usage ponctuel sont généralement bien tolérées. Demandez l'avis du vétérinaire avant toute autre plante, et évitez teintures alcooliques et huiles essentielles.

La camomille est-elle bonne pour le chien ?

Prudence : l'ASPCA classe la camomille romaine comme toxique pour le chien, le chat et le cheval, avec possibles troubles digestifs, réactions allergiques et tendance aux saignements en usage prolongé. Demandez l'avis du vétérinaire.

Pourquoi mon chat réagit-il à l'herbe à chat ?

Des composés volatils, comme la népétalactone de la cataire ou le népétalactol de la vigne argentée, déclenchent frottements et roulades ; pour ce dernier, une implication du système opioïde a été montrée en 2021. Environ deux chats sur trois réagissent à la cataire, les chatons de moins de 3 mois très peu.

Peut-on donner une tisane à son chien ?

Seulement sur avis vétérinaire, et jamais une tisane préparée pour l'humain, qui contient souvent des mélanges de plantes, du sucre ou des arômes inadaptés. Une plante non toxique n'a pas pour autant d'effet démontré.

Les compléments à base de plantes pour animaux sont-ils des médicaments ?

Un produit qui revendique de prévenir ou traiter une maladie relève en principe du médicament vétérinaire. Beaucoup de produits à base de plantes sont vendus comme aliments complémentaires, qui ne doivent pas revendiquer d'effet thérapeutique.

Peut-on remplacer un vermifuge par des plantes ?

Non. Ne remplacez jamais un vermifuge, un antiparasitaire ou un traitement prescrit par une plante. Parlez-en avec votre vétérinaire, qui adaptera le protocole au mode de vie de l'animal.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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