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Acupuncture : séance, indications étudiées et remboursement

L'acupuncture, issue de la médecine traditionnelle chinoise, consiste à insérer de fines aiguilles stériles en des points précis. En France, c'est un acte médical réservé aux médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes, remboursé sur la base conventionnelle chez un médecin conventionné. Voici le déroulement d'une séance, ce que montrent les études et ce qu'il faut savoir avant de consulter.

Acupuncture : séance, indications étudiées et remboursement — illustration Savoirs Naturels

L'essentiel à retenir

  • L'acupuncture consiste à insérer de fines aiguilles stériles à usage unique en des points précis du corps. Elle est issue de la médecine traditionnelle chinoise.
  • En France, c'est un acte médical : elle est réservée aux médecins, ainsi qu'aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes dans leur champ de compétence.
  • Chez un médecin conventionné, la consultation est remboursée sur la base du tarif conventionnel ; les dépassements d'honoraires peuvent être couverts par la mutuelle.
  • Le rapport de l'Inserm de 2014 retient surtout des données encourageantes pour les nausées et vomissements et certaines douleurs, avec des preuves limitées ailleurs.

Qu'est-ce que l'acupuncture ?

L'acupuncture est une technique qui consiste à piquer la peau avec des aiguilles très fines, en des points précis appelés points d'acupuncture. Le mot vient du latin acus, l'aiguille, et pungere, piquer. Elle fait partie des grandes pratiques de la médecine traditionnelle chinoise, aux côtés de la pharmacopée, du massage tuina, de la diététique et des exercices énergétiques comme le qi gong.

Dans le cadre théorique traditionnel, ces points se situent sur des méridiens, des trajets par lesquels circulerait le qi, l'énergie vitale. La stimulation des points viserait à rééquilibrer cette circulation, en lien avec les notions de yin et de yang et la théorie des cinq éléments, que nous détaillons dans notre article sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise et les 5 éléments.

Il faut distinguer deux niveaux de lecture :

  • La tradition : méridiens, qi et cinq éléments sont des concepts issus d'une pensée médicale ancienne. Ils n'ont pas de correspondance anatomique démontrée.
  • La recherche moderne : elle étudie les effets mesurables de la piqûre (sur la perception de la douleur, le système nerveux, certaines nausées), indépendamment de l'explication traditionnelle. Une partie des acupuncteurs médecins raisonnent d'ailleurs en termes neurophysiologiques.

Les variantes incluent l'électroacupuncture (un faible courant passe dans les aiguilles), la moxibustion (chauffage de points avec un bâton d'armoise incandescent) et l'auriculothérapie, centrée sur le pavillon de l'oreille.

Qui peut pratiquer l'acupuncture en France ?

En France, piquer la peau avec des aiguilles dans un but thérapeutique est considéré comme un acte médical. La jurisprudence a confirmé à plusieurs reprises que sa pratique par une personne non habilitée relève de l'exercice illégal de la médecine. Concrètement, peuvent la pratiquer :

Les professionnels habilités à pratiquer l'acupuncture en France
ProfessionnelChamp d'exerciceFormation complémentaire habituelle
MédecinToutes indications relevant de la médecineDiplôme interuniversitaire ou capacité d'acupuncture
Sage-femmeGrossesse, accouchement, suites de couchesDiplôme interuniversitaire d'acupuncture obstétricale
Chirurgien-dentisteSphère bucco-dentaireFormation universitaire spécifique

Les praticiens de médecine traditionnelle chinoise non médecins ne sont donc pas autorisés à utiliser des aiguilles en France. Ils peuvent en revanche proposer des pratiques de bien-être sans effraction cutanée, comme l'acupression, le shiatsu ou l'enseignement des repères de la médecine traditionnelle chinoise, sans visée thérapeutique. La situation diffère dans d'autres pays francophones : en Suisse, au Québec ou en Belgique, d'autres professionnels peuvent pratiquer l'acupuncture selon des cadres propres à chaque pays ou canton. Renseignez-vous auprès des autorités locales.

Pour trouver un médecin acupuncteur, vous pouvez interroger votre médecin traitant, l'annuaire de l'Assurance maladie ou, pendant la grossesse, la maternité, qui oriente souvent vers des sages-femmes acupunctrices.

Le déroulement d'une séance

Une séance dure en général 30 à 45 minutes, un peu plus la première fois.

  1. L'entretien : le médecin vous interroge sur le motif, vos antécédents, vos traitements (en particulier anticoagulants), une éventuelle grossesse, votre sommeil, votre digestion. Dans une approche traditionnelle, il peut aussi observer la langue et prendre les pouls.
  2. Le choix des points : selon le motif, il sélectionne quelques points, parfois loin de la zone douloureuse (sur la main ou la jambe pour une douleur de la tête, par exemple).
  3. La pose des aiguilles : la peau est désinfectée, puis les aiguilles, stériles et à usage unique, sont insérées de quelques millimètres à quelques centimètres. La piqûre est en général peu douloureuse ; on ressent souvent une sensation de lourdeur, de picotement ou d'engourdissement autour du point.
  4. Le temps de pose : vous restez allongé au calme 15 à 30 minutes environ. Le praticien peut stimuler les aiguilles en les tournant ou en les reliant à un appareil d'électroacupuncture.
  5. Le retrait et les conseils : les aiguilles sont retirées et jetées dans un collecteur. Une légère fatigue ou un petit point rouge sont possibles. Le médecin fixe ensuite un rythme de séances, souvent rapproché au début.

Pour un trouble récent, quelques séances suffisent parfois à juger de l'intérêt. Pour une douleur chronique, on évalue en général l'effet après quatre à six séances : en l'absence d'amélioration, il est logique de reconsidérer l'approche.

Les indications étudiées

L'acupuncture a été testée dans un très grand nombre de situations. Toutes ne sont pas au même niveau de preuve. Le tableau ci-dessous résume la tendance générale des études, sans valeur de recommandation individuelle.

Indications de l'acupuncture et état des connaissances
SituationTendance des étudesRemarques
Nausées et vomissements après une opération ou une chimiothérapieDonnées parmi les plus favorablesEn complément des traitements antiémétiques, jamais à leur place
Douleurs lombaires chroniquesEffet modeste, souvent proche de l'acupuncture simuléeAssocier à l'activité physique
Céphalées de tension, prévention de la migraineDonnées encourageantes mais hétérogènesDiagnostic médical préalable indispensable
Douleurs de l'arthrose du genouRésultats variables selon les étudesOption complémentaire
Nausées de la grossesseRésultats mitigésPar une sage-femme ou un médecin formé
Sevrage tabagique, perte de poids, infertilité, dépressionPreuves insuffisantesNe pas en attendre un effet démontré

Un point clé de la recherche : dans beaucoup d'essais, l'acupuncture réelle fait mieux que l'absence de traitement, mais à peine mieux, voire pas mieux, qu'une acupuncture simulée (aiguilles qui ne pénètrent pas ou placées hors des points). Cela suggère qu'une partie de l'effet tient au rituel, à l'attente et à la relation de soin, ce que nous expliquons dans notre article sur l'effet placebo.

Ce que dit le rapport Inserm de 2014

En 2014, l'Inserm a publié, à la demande de la Direction générale de la santé, une évaluation de l'efficacité et de la sécurité de l'acupuncture, fondée sur l'analyse des revues de la littérature disponibles. Ce travail fait partie d'une série d'évaluations des pratiques non conventionnelles menées par l'institut.

Ses grandes lignes, à retenir sans les sur-interpréter :

  • Les données les plus convaincantes concernaient les nausées et vomissements, notamment après une chimiothérapie ou une anesthésie.
  • Pour certaines douleurs (lombalgies, céphalées), un effet était observé, mais difficile à distinguer de celui de l'acupuncture simulée.
  • Pour de nombreuses autres indications, les études étaient trop peu nombreuses ou de qualité insuffisante pour conclure.
  • L'acupuncture pratiquée par des professionnels formés apparaissait comme une technique peu risquée, les effets indésirables graves étant rares.

C'est cette combinaison, un bénéfice possible dans quelques situations et un faible risque entre des mains compétentes, qui explique sa place dans certains services hospitaliers, notamment en soins de support et en maternité. Dans ces services, elle est toujours intégrée au projet de soins et réalisée par des médecins ou des sages-femmes formés.

Prix et remboursement

Le remboursement dépend du professionnel consulté et de son secteur conventionnel :

  • Médecin conventionné en secteur 1 : la consultation ou l'acte d'acupuncture est remboursé par l'Assurance maladie sur la base du tarif conventionnel, le complément étant pris en charge par la mutuelle selon votre contrat.
  • Médecin en secteur 2 : il pratique des dépassements d'honoraires. L'Assurance maladie rembourse toujours sur la base conventionnelle ; le dépassement reste à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
  • Médecin non conventionné : remboursement quasi nul par l'Assurance maladie.
  • Sage-femme : les actes réalisés dans le cadre du suivi de grossesse suivent les règles de prise en charge de la maternité.

Demandez le tarif à la prise de rendez-vous et vérifiez la ligne « médecines douces » ou « acupuncture » de votre contrat de mutuelle : certaines prévoient un forfait annuel. Notre article médecines douces remboursées par la mutuelle vous aide à faire le point. Respecter le parcours de soins coordonnés (passer par votre médecin traitant) peut aussi influer sur le niveau de remboursement.

Acupuncture, acupression, auriculothérapie : les différences

Ces trois pratiques partagent l'idée de stimuler des points, mais elles ne relèvent ni de la même technique, ni de la même réglementation.

  • L'acupuncture utilise des aiguilles qui traversent la peau : acte médical en France.
  • L'acupression stimule les mêmes points par une simple pression des doigts, sans effraction. C'est une pratique de bien-être accessible à tous, y compris en automassage, que nous détaillons dans notre article sur les 8 points d'acupression contre le stress et les tensions. Le shiatsu japonais s'appuie sur un principe proche.
  • L'auriculothérapie concentre la stimulation sur l'oreille, avec des aiguilles (acte médical), des graines, des aimants ou des pressions. Découvrez son principe dans notre article sur l'auriculothérapie.

Un praticien en acupression ou en shiatsu ne doit donc jamais se présenter comme acupuncteur ni utiliser d'aiguilles en France. À l'inverse, l'acupression est un bon moyen de découvrir la logique des points chez soi, par exemple le point situé entre le pouce et l'index pour se détendre, avec une pression douce de une à deux minutes.

Risques et précautions

Pratiquée par un professionnel formé, avec des aiguilles stériles à usage unique, l'acupuncture est considérée comme sûre. Les effets indésirables courants sont bénins : petit hématome, saignement minime, douleur au point de piqûre, fatigue ou malaise passager. Les complications graves, comme une infection ou une perforation de la plèvre (pneumothorax) lors de piqûres au niveau du thorax, sont exceptionnelles mais décrites.

Signalez systématiquement au praticien :

  • un traitement anticoagulant ou un trouble de la coagulation ;
  • une grossesse, même débutante : certains points sont traditionnellement évités ;
  • un pacemaker ou un dispositif électronique, en cas d'électroacupuncture ;
  • une peur des aiguilles ou des antécédents de malaise : on peut alors commencer allongé avec peu d'aiguilles ;
  • une maladie de peau ou une plaie dans la zone à piquer.

Enfin, l'acupuncture ne doit jamais retarder un diagnostic ni remplacer un traitement nécessaire. Une douleur inhabituelle, une perte de poids, de la fièvre ou des symptômes qui s'aggravent justifient un bilan médical. Méfiez-vous de toute personne qui propose de piquer sans être médecin, sage-femme ou dentiste, ou qui promet de guérir une maladie grave.

Aller plus loin : découvrir les points sans aiguilles

L'acupuncture est réservée en France aux professions médicales. Si la logique des points et des méridiens vous intéresse pour votre bien-être ou celui de vos proches, notre fiche sur la formation acupression en ligne présente une pratique sans aiguilles, avec son programme et ses limites. Pour approfondir le cadre théorique, découvrez aussi la formation en médecine traditionnelle chinoise, la formation shiatsu et la formation qi gong. Aucune de ces formations n'autorise la pratique de l'acupuncture. Le catalogue complet vous permet de comparer toutes les disciplines.

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Questions fréquentes

Qui peut pratiquer l'acupuncture en France ?

L'acupuncture est un acte médical : elle est réservée aux médecins, ainsi qu'aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes dans leur champ de compétence. Sa pratique par une personne non habilitée relève de l'exercice illégal de la médecine.

L'acupuncture est-elle remboursée ?

Chez un médecin conventionné, la consultation ou l'acte est remboursé par l'Assurance maladie sur la base du tarif conventionnel. Les dépassements d'honoraires peuvent être pris en charge par la mutuelle selon le contrat.

Pour quoi l'acupuncture est-elle efficace ?

Le rapport de l'Inserm de 2014 retenait surtout des données encourageantes pour les nausées et vomissements, notamment après chimiothérapie ou anesthésie, et un effet sur certaines douleurs difficile à distinguer de l'acupuncture simulée. Les preuves sont insuffisantes pour beaucoup d'autres usages.

Une séance d'acupuncture fait-elle mal ?

La piqûre est en général peu douloureuse. On ressent souvent une sensation de lourdeur ou de picotement autour du point ; un petit hématome ou une fatigue passagère sont possibles.

Quelle est la différence entre acupuncture et acupression ?

L'acupuncture utilise des aiguilles qui traversent la peau et constitue un acte médical en France. L'acupression stimule les mêmes points par une pression des doigts, sans aiguille, dans un cadre de bien-être.

L'acupuncture est-elle dangereuse ?

Pratiquée par un professionnel formé avec des aiguilles stériles à usage unique, elle est considérée comme peu risquée. Les complications graves, comme une infection ou un pneumothorax, sont exceptionnelles.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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