Bien-être

Rhume : remèdes naturels et gestes qui soulagent

Le rhume est une infection virale bénigne qui guérit seule en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ce qui soulage le plus : le lavage nasal au sérum physiologique, l'hydratation, le repos, la tête surélevée et le miel pour la toux à partir d'un an. Voici les bons gestes symptôme par symptôme, ce que valent les remèdes naturels et les signes qui justifient de consulter.

Rhume : remèdes naturels et gestes qui soulagent — illustration Savoirs Naturels

L'essentiel à retenir

  • Le rhume (rhinopharyngite) est une infection virale bénigne du nez et de la gorge, due le plus souvent à des rhinovirus. Il guérit seul, en général en 7 à 10 jours, la toux pouvant persister un peu plus longtemps.
  • Les antibiotiques sont inutiles contre un virus. Un mucus jaune ou vert est fréquent au cours d'un rhume et ne signifie pas à lui seul une infection bactérienne.
  • Les gestes qui soulagent vraiment : lavage nasal au sérum physiologique, hydratation, repos, air ni trop sec ni trop chaud, tête surélevée, mouchage une narine après l'autre, et gestes barrières pour protéger l'entourage.
  • Côté remèdes : miel pour la toux (jamais avant un an), boissons chaudes, olfaction d'huile essentielle adaptée chez l'adulte ; pour l'échinacée et le zinc, les données sont mitigées ou discutées.

Comprendre le rhume

Le rhume, que les médecins appellent souvent rhinopharyngite ou rhinite aiguë, est une inflammation des muqueuses du nez et du pharynx provoquée par un virus. Plus d'une centaine de virus différents peuvent en être responsables, les plus fréquents étant les rhinovirus ; certains coronavirus saisonniers, adénovirus ou virus respiratoires y contribuent aussi. Cette diversité explique qu'on puisse attraper plusieurs rhumes dans la même saison et qu'il n'existe pas de vaccin contre « le » rhume.

Le virus se transmet par les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant, et surtout par les mains : on touche une surface contaminée, puis son nez ou ses yeux. Les symptômes apparaissent en général un à trois jours après la contamination.

Le rhume se distingue de la grippe par son début plus progressif, une fièvre absente ou modérée et une fatigue moins marquée. La grippe commence souvent brutalement, avec une fièvre élevée, des courbatures et un épuisement qui cloue au lit. Une infection au Covid-19 peut ressembler à un rhume : en cas de doute, un test permet de le savoir et d'adapter les précautions vis-à-vis des personnes fragiles.

Ce qui fait l'inconfort du rhume, ce n'est pas tant le virus que la réaction de défense de l'organisme : les vaisseaux du nez se dilatent, la muqueuse gonfle et produit davantage de mucus. Les gestes ci-dessous visent à rendre cette période plus supportable, pas à « tuer » le virus.

Le déroulement jour par jour

Chaque rhume est différent, mais le schéma suivant est typique chez l'adulte en bonne santé.

Évolution habituelle d'un rhume chez l'adulte
PériodeSymptômes fréquentsPriorités
Jours 1 à 2Picotements ou gorge irritée, éternuements, sensation de fatigue, parfois légère fièvreHydratation, repos, gestes barrières dès les premiers signes
Jours 2 à 4Nez qui coule clair puis épais, nez bouché, maux de tête, sommeil perturbéLavage nasal plusieurs fois par jour, tête surélevée la nuit
Jours 4 à 7Mucus plus épais, parfois jaune ou vert ; toux qui peut apparaîtrePoursuivre le lavage nasal, boire, miel pour la toux chez l'adulte et l'enfant de plus d'un an
Jours 7 à 10Amélioration progressive, nez encore un peu encombréReprise progressive des activités
Au-delàUne toux résiduelle peut durer encore quelques semainesConsulter si elle s'aggrave, s'accompagne de fièvre ou de gêne respiratoire

Ce qui doit alerter, c'est une rupture dans ce schéma : une fièvre qui réapparaît après une amélioration, des symptômes qui s'aggravent au lieu de diminuer, ou une durée qui dépasse nettement dix jours sans amélioration.

Les gestes qui soulagent

  • Laver le nez au sérum physiologique (ou à l'eau de mer isotonique) plusieurs fois par jour : c'est le geste de base pour évacuer les sécrétions et respirer mieux. La technique est détaillée dans la section suivante.
  • Bien s'hydrater : eau, tisanes, bouillons. Une bonne hydratation fluidifie les sécrétions et compense les pertes liées à une éventuelle fièvre.
  • Se reposer : réduire ses activités pendant les premiers jours, dormir davantage, ne pas forcer le sport en cas de fièvre ou de fatigue.
  • Garder un air ni trop sec ni trop chaud : chambre autour de 18 à 19 °C, aération quotidienne de la pièce. Un humidificateur peut aider si l'air est très sec, à condition de l'entretenir scrupuleusement pour éviter les moisissures ; on recommande généralement une humidité modérée, sans excès.
  • Surélever la tête la nuit avec un oreiller supplémentaire ou en relevant légèrement la tête du lit : le mucus s'écoule mieux et le nez se bouche moins.
  • Se moucher correctement : une narine après l'autre, doucement, en bouchant l'autre narine, avec un mouchoir jetable que l'on jette aussitôt. Se moucher trop fort peut pousser les sécrétions vers les oreilles et les sinus.
  • Appliquer les gestes barrières : se laver les mains souvent, tousser et éternuer dans son coude, porter un masque au contact de personnes fragiles (nourrissons, personnes âgées, malades chroniques), éviter d'embrasser.
  • Protéger le nez irrité : une crème grasse ou une pommade adaptée sur le pourtour des narines limite les rougeurs dues au mouchage répété.
  • Ne pas fumer et éviter la fumée des autres, qui irrite les muqueuses et prolonge la toux.

Pour la prévention au fil de la saison froide, qui n'est pas l'objet de cet article, consultez notre article sur les défenses naturelles en hiver.

Le lavage nasal pas à pas

Le lavage nasal est le geste le plus utile et le plus sûr contre le nez bouché. Chez l'adulte, il se pratique avec des dosettes de sérum physiologique, un spray d'eau de mer isotonique ou un dispositif de rinçage à grand volume.

  1. Lavez-vous les mains et préparez une dosette ou un spray à température ambiante.
  2. Penchez la tête sur le côté au-dessus d'un lavabo, légèrement en avant.
  3. Introduisez l'embout dans la narine du haut et pressez : le liquide doit ressortir par l'autre narine ou par la bouche.
  4. Mouchez-vous doucement, une narine après l'autre.
  5. Répétez de l'autre côté, en inclinant la tête dans l'autre sens.
  6. Renouvelez plusieurs fois par jour, notamment le matin, avant les repas et avant le coucher.

Si vous utilisez un dispositif de rinçage à grand volume, n'utilisez jamais l'eau du robinet non traitée : employez de l'eau stérile, de l'eau bouillie puis refroidie ou les sachets prévus par le fabricant, et nettoyez le dispositif après chaque usage.

Les sprays d'eau de mer hypertonique, plus salés, ont un effet décongestionnant un peu plus marqué mais peuvent piquer. Ils ne s'utilisent pas chez le nourrisson sans avis.

Les remèdes naturels : ce qui aide, ce qui est discuté

Le miel

Le miel est le remède de la toux le mieux étudié : chez l'enfant de plus d'un an, des essais suggèrent qu'il soulage la toux nocturne et améliore le sommeil. Une cuillère à café de miel pure ou dans une boisson tiède, le soir, convient aussi à l'adulte. Jamais avant un an, en raison du risque de botulisme infantile.

Les boissons chaudes

Une boisson chaude apaise la gorge, aide à boire davantage et procure une sensation de nez plus dégagé. Tisane de thym, de fleurs de sureau ou de tilleul, eau chaude au citron et au miel, bouillon : les recettes sont présentées dans nos 15 recettes de tisanes maison, notamment la tisane rhume.

L'inhalation de vapeur, avec prudence

Respirer la vapeur d'un bol d'eau chaude donne une sensation de dégagement passagère, mais les études ne montrent pas d'effet sur la durée du rhume. Le risque principal est la brûlure, par renversement ou par une vapeur trop chaude. Si vous le faites, chez l'adulte uniquement : eau chaude mais non bouillante, bol stable posé sur une table, visage à bonne distance, quelques minutes, jamais en présence d'enfants. Une douche chaude produit un effet comparable avec moins de risque.

L'olfaction d'huile essentielle, chez l'adulte

En aromathérapie, des huiles riches en 1,8-cinéole, comme le ravintsara ou l'eucalyptus radié, sont traditionnellement utilisées en olfaction lors des rhumes : une ou deux gouttes sur un mouchoir que l'on respire quelques instants. Cet usage est réservé à l'adulte, hors grossesse, allaitement, asthme et épilepsie. Les différences entre ces deux huiles et leurs précautions sont détaillées dans notre article ravintsara ou eucalyptus radié. Ne les appliquez jamais pures dans le nez ni sur les muqueuses.

L'échinacée : des données mitigées

L'échinacée (Echinacea purpurea et espèces voisines) est traditionnellement utilisée dès les premiers signes de rhume. Les essais cliniques donnent des résultats contradictoires, avec au mieux un effet modeste, et les produits testés sont très différents les uns des autres. Elle est déconseillée en cas de maladie auto-immune, d'allergie aux Astéracées (famille de la camomille et de l'ambroisie), chez l'enfant et pendant la grossesse sans avis. La phytothérapie enseigne à lire ces nuances.

Le zinc : des données discutées

Des pastilles de zinc prises dès le début du rhume ont été étudiées, avec des résultats qui varient selon les formes et les doses et qui restent débattus. Elles peuvent provoquer un mauvais goût et des nausées, et le zinc pris longtemps à forte dose peut entraîner des déséquilibres, notamment en cuivre. Les produits de zinc à appliquer dans le nez sont à éviter, car des pertes d'odorat ont été rapportées. Demandez l'avis de votre pharmacien avant tout complément.

La vitamine C

Une supplémentation régulière ne prévient pas le rhume dans la population générale, et en prendre une fois les symptômes déclarés n'a pas montré de bénéfice clair. Une alimentation riche en fruits et légumes suffit à couvrir les besoins de la plupart des personnes.

Quel geste pour quel symptôme

Symptômes du rhume et gestes adaptés
SymptômeGeste ou remèdeÀ savoir
Nez qui couleMouchoirs jetables, lavage nasal, protection du pourtour des narinesSe moucher une narine après l'autre ; jeter le mouchoir et se laver les mains
Nez bouchéLavage nasal, tête surélevée, douche chaude, chambre fraîcheÉviter les décongestionnants sans avis du pharmacien
ÉternuementsÉternuer dans son coudeDes éternuements en salves, avec yeux qui piquent et sans fièvre, qui reviennent chaque saison, peuvent évoquer une allergie
TouxMiel (après un an), boissons tièdes, hydratation, air non enfuméUne toux d'écoulement nasal peut gêner la nuit ; surélever la tête aide
Gorge irritéeBoissons tièdes, gargarisme d'eau salée chez l'adulteVoir notre article dédié au mal de gorge
Fièvre modérée, courbaturesRepos, hydratation, vêtements légers ; antalgique selon avis du pharmacienUne fièvre élevée ou qui dure plus de trois jours justifie une consultation
Maux de tête, sensation de lourdeur du visageLavage nasal, hydratation, reposUne douleur intense d'un côté du visage, ou qui s'aggrave, doit être signalée
Perte d'odorat passagèreLavage nasalElle revient le plus souvent avec la guérison ; consulter si elle persiste

Pour la gorge, qui suit souvent son propre rythme, nos 10 solutions naturelles contre le mal de gorge détaillent les gestes et les signes d'alerte spécifiques.

Le rhume chez l'enfant

Les jeunes enfants attrapent de nombreux rhumes chaque année, surtout lors des premières années de collectivité : c'est habituel et participe à la construction de leur immunité. Quelques spécificités :

  • Le nourrisson respire surtout par le nez : un nez bouché peut gêner la tétée et le sommeil. Le lavage de nez au sérum physiologique, avant les repas et le coucher, est le geste essentiel. Demandez à votre pharmacien, à la sage-femme ou au pédiatre de vous montrer la technique (bébé couché sur le côté, tête maintenue).
  • Pas de miel avant un an, en raison du risque de botulisme.
  • Pas d'huiles essentielles ni de baumes contenant camphre, menthol ou eucalyptol chez le nourrisson et le jeune enfant, en raison d'un risque de convulsions et de troubles respiratoires.
  • Pas de médicaments contre le nez bouché ou la toux sans avis médical : plusieurs sont contre-indiqués chez l'enfant.
  • Pas de vapeur au-dessus d'un bol : le risque de brûlure est trop important.
  • Hydratation : proposer à boire souvent, en petites quantités ; chez le bébé, des tétées plus fréquentes et plus courtes.

Consultez rapidement si un enfant de moins de trois mois a de la fièvre, si l'enfant respire vite ou difficilement, si sa peau se creuse entre les côtes, s'il boit nettement moins, s'il paraît très fatigué ou geignard, s'il se frotte ou se tire l'oreille avec de la fièvre, ou si la fièvre dure plus de deux à trois jours. Chez le nourrisson, ces signes peuvent évoquer une bronchiolite ou une otite. En cas de détresse respiratoire, appelez le 15 ou le 112.

Ce qu'il vaut mieux éviter

  • Réclamer des antibiotiques : ils n'agissent pas sur les virus, exposent à des effets indésirables et favorisent les résistances bactériennes.
  • Prendre des décongestionnants oraux en automédication : l'ANSM a mis en garde contre les vasoconstricteurs oraux, en raison d'effets indésirables cardiovasculaires et neurologiques rares mais graves, pour un bénéfice modeste dans le rhume. Les sprays vasoconstricteurs ne s'utilisent que sur une durée très courte et sur conseil, car ils peuvent entretenir une congestion par effet rebond.
  • Cumuler les médicaments : de nombreux produits contre le rhume contiennent du paracétamol ; associés à un autre médicament qui en contient, ils exposent au surdosage, dangereux pour le foie.
  • Prendre de l'alcool sous forme de grog : il n'aide pas et perturbe le sommeil.
  • Se moucher trop fort ou renifler en permanence.
  • Surchauffer la chambre : un air trop chaud et sec dessèche les muqueuses.

Plusieurs de ces idées reçues sont passées au crible dans notre article sur les remèdes de grand-mère, vrais ou mythes.

Quand consulter

Le rhume ne nécessite le plus souvent pas de consultation. Voyez un médecin dans les cas suivants :

  • fièvre persistante au-delà de trois jours, ou fièvre qui réapparaît après une amélioration ;
  • gêne respiratoire, essoufflement, sifflements, douleur thoracique ;
  • douleur d'oreille intense ou écoulement de l'oreille ;
  • douleur des sinus intense, surtout d'un seul côté, gonflement autour de l'œil, ou maux de tête violents ;
  • symptômes au-delà de dix jours sans amélioration, ou qui s'aggravent ;
  • maladie chronique (asthme, bronchopneumopathie, insuffisance cardiaque, immunité affaiblie), grossesse, âge avancé ;
  • chez l'enfant, les signes décrits plus haut.

Pour accompagner l'hygiène de vie au quotidien et la récupération, un naturopathe peut proposer des conseils généraux, en complément du suivi médical et sans jamais se substituer au médecin. L'usage sûr des huiles essentielles s'apprend avec une formation en aromathérapie.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure un rhume ?

En général 7 à 10 jours chez l'adulte, avec une toux qui peut persister un peu plus longtemps. Des symptômes qui s'aggravent ou durent au-delà de dix jours sans amélioration justifient une consultation.

Faut-il prendre des antibiotiques pour un rhume ?

Non. Le rhume est causé par des virus, sur lesquels les antibiotiques n'agissent pas. Un mucus jaune ou vert ne signifie pas à lui seul une infection bactérienne.

Comment déboucher le nez naturellement ?

Le lavage nasal au sérum physiologique plusieurs fois par jour est le geste le plus utile, associé à une bonne hydratation, une chambre fraîche et aérée et la tête légèrement surélevée la nuit.

Quelle huile essentielle utiliser pour un rhume ?

Chez l'adulte, hors grossesse, allaitement, asthme et épilepsie, le ravintsara ou l'eucalyptus radié sont traditionnellement utilisés en olfaction sur un mouchoir. Ils sont à proscrire chez le nourrisson et le jeune enfant.

L'échinacée et le zinc sont-ils efficaces contre le rhume ?

Les données sont mitigées pour l'échinacée et discutées pour le zinc, avec des résultats variables selon les produits. Demandez conseil à votre pharmacien, notamment en cas de maladie auto-immune, de grossesse ou de traitement.

Quand consulter pour un rhume ?

En cas de fièvre persistante, de gêne respiratoire, de douleur d'oreille ou des sinus intense, de symptômes au-delà de dix jours, et rapidement chez un nourrisson de moins de trois mois qui a de la fièvre.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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