Phytothérapie : 20 plantes médicinales à connaître et leurs usages
Menthe poivrée, gingembre, harpagophytum, échinacée, millepertuis : 20 plantes médicinales, leurs usages reconnus, leurs formes et leurs précautions.
Certains remèdes de grand-mère soulagent réellement, comme le miel contre la toux de l'enfant de plus d'un an ou le gargarisme d'eau salée. D'autres sont de simples mythes, et quelques-uns sont à éviter, comme le beurre sur une brûlure ou la tête en arrière lors d'un saignement de nez. Voici 20 remèdes passés au crible, une méthode pour juger les autres et les situations où il faut consulter.

Les remèdes de grand-mère sont des recettes et des gestes transmis de génération en génération, souvent à partir de ce que l'on trouve dans une cuisine : miel, sel, vinaigre, oignon, pomme de terre, bicarbonate. Certains reposent sur une observation juste, faite bien avant que la science ne l'explique. D'autres se sont maintenus pour de mauvaises raisons.
Plusieurs mécanismes expliquent qu'un remède inefficace paraisse fonctionner :
Faire le tri ne signifie pas mépriser la tradition. La phytothérapie elle-même s'est construite à partir d'usages populaires, dont certains ont été confirmés. Notre article sur les médecines douces, leur définition et leur liste explique comment se situent ces pratiques par rapport à la médecine conventionnelle.
Face à une astuce lue en ligne ou transmise par un proche, posez-vous ces cinq questions dans l'ordre.
En croisant les deux critères principaux, preuve et risque, on obtient une grille de décision simple.
| Situation | Décision raisonnable | Exemple |
|---|---|---|
| Remède testé et sans risque notable | Peut être utilisé, en surveillant l'évolution | Miel pour la toux après un an |
| Remède non prouvé mais sans risque | Libre à chacun, sans en attendre d'effet propre ni retarder un soin | Oignon dans les chaussettes |
| Remède dont l'effet dépend du contexte | S'informer sur les conditions précises avant de l'utiliser | Vinaigre sur une piqûre de méduse |
| Remède non prouvé et risqué | À éviter | Vapeur au-dessus d'un bol pour un bébé |
| Remède contraire aux gestes de premiers secours | À proscrire, appliquer le bon geste | Beurre sur une brûlure |
Règle pratique : en cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien. Il est accessible sans rendez-vous et sait orienter vers le médecin quand c'est nécessaire.
Ce tableau résume l'état des connaissances pour 20 remèdes courants. Les verdicts concernent l'adulte ou l'enfant selon ce qui est précisé, et ne remplacent pas un avis médical.
| Remède | Verdict | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Miel pour la toux (enfant de plus d'un an, adulte) | Plutôt utile | Des données soutiennent un soulagement de la toux ; jamais avant un an (botulisme infantile) |
| Bouillon de poule | Plutôt utile (confort) | Hydrate, apporte du sel et de la chaleur ; effet propre sur l'infection non démontré |
| Gargarisme d'eau salée tiède | Plutôt utile | Soulagement temporaire de la gorge ; réservé à qui sait recracher |
| Boissons chaudes miel-citron | Plutôt utile (confort) | Hydratation et apaisement ; miel jamais avant un an |
| Inhalation d'eau chaude | Pas prouvé, prudence | Sensation de dégagement possible ; risque réel de brûlure ; à éviter chez l'enfant |
| Vapeur au-dessus d'un bol pour bébé | À éviter | Risque de brûlure grave ; préférer le lavage nasal au sérum physiologique |
| Oignon dans les chaussettes | Mythe | Aucun mécanisme plausible ni preuve |
| Beurre ou corps gras sur une brûlure | À éviter | Retient la chaleur et gêne les soins ; refroidir sous l'eau tempérée |
| Pomme de terre crue sur une brûlure ou une bosse | Pas prouvé | Fraîcheur passagère ; sur une brûlure, ne remplace pas l'eau et peut souiller la plaie |
| Bicarbonate pour les brûlures d'estomac | Ça dépend | Antiacide ponctuel ; riche en sodium, pas d'usage répété sans avis |
| Cuillère chaude sur une piqûre | Pas prouvé, risque de brûlure | Chaleur incontrôlée ; froid et surveillance sont plus sûrs |
| Vinaigre sur une piqûre de méduse | Ça dépend | Recommandé pour certaines espèces tropicales, pas pour toutes ; rinçage à l'eau de mer |
| Uriner sur une piqûre de méduse | Mythe | Aucun bénéfice, peut aggraver |
| Dentifrice sur un bouton | À éviter | Irritant pour la peau |
| Cataplasme d'argile | Pas prouvé | Tradition d'usage externe sur peau saine ; pas sur plaie ; pas d'ingestion sans avis |
| Grog au rhum | À éviter (pour l'alcool) | La chaleur et le miel apaisent ; l'alcool n'aide pas et interagit avec les médicaments |
| Tête en arrière pour un saignement de nez | À éviter | Le sang coule dans la gorge ; pencher en avant et comprimer |
| Clou de girofle pour une rage de dents | Ça dépend | Soulagement temporaire possible ; ne dispense jamais du dentiste |
| Soda pour la gastro-entérite | À éviter | Trop sucré, pauvre en sel ; solution de réhydratation orale chez l'enfant |
| Sortir les cheveux mouillés donne un rhume | Mythe | Le rhume est causé par des virus ; avoir froid n'en est pas la cause |
C'est le remède de grand-mère le mieux étudié. Des essais menés chez l'enfant de plus d'un an, rassemblés dans des synthèses, suggèrent que le miel soulage la toux et améliore le sommeil mieux que l'absence de traitement, avec des effets comparables à certains sirops. Une cuillère à café de miel, pure ou dans une boisson tiède, avant le coucher, est un usage courant. Jamais avant l'âge d'un an : le miel peut contenir des spores de Clostridium botulinum, responsables de botulisme infantile chez le nourrisson. Une toux qui dure plus de trois semaines, une toux avec gêne respiratoire ou chez un nourrisson justifient une consultation.
Le bouillon chaud apporte de l'eau, du sel, un peu de protéines et une chaleur réconfortante, et sa vapeur peut donner une sensation de nez dégagé. Quelques travaux de laboratoire ont été publiés sur ses effets, mais aucun ne permet de dire qu'il raccourcit une infection. Son vrai mérite : aider à boire et à manger quand on n'en a pas envie.
Une demi-cuillère à café de sel dans un verre d'eau tiède, en gargarisme, puis recracher : ce geste ancien procure un soulagement temporaire d'une gorge irritée. Il est sans risque chez l'adulte et chez l'enfant qui sait recracher. Notre article sur le mal de gorge et ses solutions naturelles détaille ce geste et les autres.
Thé, tisane, eau chaude au citron et au miel : elles hydratent, apaisent la gorge et donnent une sensation de confort. Pour le rhume, les gestes complémentaires sont présentés dans notre article sur le rhume et les gestes qui soulagent.
L'idée : des rondelles d'oignon placées sous la plante des pieds pendant la nuit « absorberaient » les virus ou les toxines. Aucun mécanisme physiologique ne soutient cette affirmation et aucune étude ne l'a confirmée. C'est sans danger, à part l'odeur, mais inutile.
Une tranche de pomme de terre froide sur une bosse ou une petite brûlure procure une fraîcheur passagère, comme n'importe quel objet frais. Sur une brûlure, elle ne remplace pas le refroidissement à l'eau et peut introduire des germes sur une peau abîmée. Pour une bosse, une poche de froid enveloppée dans un linge fait aussi bien.
Certains venins sont sensibles à la chaleur, et des petits appareils chauffants vendus en pharmacie reposent sur ce principe, avec des preuves limitées. Une cuillère chauffée sur la gazinière ou à l'eau bouillante, elle, ne permet pas de contrôler la température : le risque de brûlure, surtout chez l'enfant, est bien réel. Retirez le dard d'abeille en le raclant avec une carte, lavez, appliquez du froid et surveillez.
L'argile verte est utilisée traditionnellement en cataplasme sur les zones douloureuses ou les petites inflammations cutanées. Ces usages reposent sur la tradition et n'ont pas été démontrés. Sur une peau saine, en usage externe, le risque est faible ; il ne faut pas l'appliquer sur une plaie ouverte, et l'ingestion d'argile se discute avec un professionnel de santé, car elle peut gêner l'absorption de médicaments.
Le rhume est provoqué par des virus, transmis par les mains et les gouttelettes. Avoir froid ne crée pas l'infection ; la fréquence des rhumes en hiver s'explique surtout par la vie en intérieur et la circulation des virus. Se couvrir reste agréable, mais ce n'est pas une protection contre les virus.
Le corps gras retient la chaleur au lieu de l'évacuer, peut souiller la plaie et gêne l'examen. Le bon réflexe est de refroidir immédiatement sous l'eau tempérée, idéalement autour de 15 °C, pendant une quinzaine de minutes, en retirant bagues et vêtements non collés. N'utilisez ni glace ni eau glacée. Une brûlure plus grande que la paume de la main de la victime, profonde, avec cloques étendues, ou située sur le visage, les mains, les articulations ou les organes génitaux, ainsi que toute brûlure chez un jeune enfant, justifient un avis médical ; en cas de brûlure grave, appelez le 15 ou le 112.
Pencher la tête en arrière fait couler le sang dans la gorge : il peut être avalé, provoquer des nausées, voire passer dans les voies respiratoires. La bonne conduite : s'asseoir, pencher la tête en avant, se moucher doucement pour évacuer les caillots, puis comprimer les deux narines sous la partie osseuse du nez pendant une dizaine de minutes sans relâcher. Consultez si le saignement dure malgré la compression, s'il survient après un choc à la tête, s'il est très abondant ou fréquent, ou si vous prenez un anticoagulant.
Les composants du dentifrice (agents moussants, arômes, parfois fluor) irritent la peau et peuvent aggraver la rougeur. Un nettoyage doux, ne pas percer le bouton et un produit adapté conseillé par le pharmacien sont préférables.
Eau chaude, citron et miel : très bien. Le rhum, lui, n'apporte rien. L'alcool dilate les vaisseaux et donne une fausse sensation de chaleur, perturbe le sommeil, déshydrate et peut interagir avec le paracétamol et d'autres médicaments. Il ne doit jamais être donné à un enfant.
Placer un bol d'eau bouillante près d'un nourrisson ou d'un jeune enfant expose à des brûlures graves par renversement. Chez le bébé, le geste de référence pour un nez bouché est le lavage nasal au sérum physiologique. Évitez aussi d'ajouter des huiles essentielles ou des baumes camphrés chez le jeune enfant : notre article sur les huiles essentielles dangereuses explique pourquoi.
Les sodas contiennent beaucoup de sucre et très peu de sel, ce qui ne compense pas les pertes d'une diarrhée. Chez l'enfant, et en particulier chez le nourrisson, la solution de réhydratation orale disponible en pharmacie est la référence ; un bébé qui refuse de boire, vomit tout ou semble somnolent doit être vu en urgence.
Le vinaigre est recommandé pour certaines méduses des mers tropicales, notamment les méduses-boîtes, car il empêche les cellules urticantes encore accrochées de décharger leur venin. Pour d'autres espèces, il peut au contraire déclencher cette décharge. En Méditerranée ou en Atlantique, la conduite la plus sûre est de sortir de l'eau, rincer à l'eau de mer (jamais à l'eau douce), retirer les filaments avec une carte rigide ou une pince sans frotter, puis appliquer du froid à travers un linge. Douleur intense, malaise, gêne respiratoire ou piqûre étendue chez un enfant : appelez le 15 ou le 112. Suivez les consignes des postes de secours, qui connaissent les espèces locales.
Le bicarbonate est un antiacide : une petite quantité dans un verre d'eau peut soulager ponctuellement une brûlure d'estomac. Mais il est riche en sodium, peut provoquer des ballonnements et ne convient pas en usage répété, ni en cas d'hypertension, de régime pauvre en sel, de maladie rénale ou cardiaque, ni pendant la grossesse sans avis. Des brûlures d'estomac fréquentes doivent être explorées par un médecin. Pour les autres usages (dents, peau), il est abrasif et ne doit pas être utilisé de façon répétée.
L'eugénol, principal composé du clou de girofle, est utilisé en dentisterie. Mâchonner doucement un clou près de la dent douloureuse peut soulager temporairement. L'huile essentielle de girofle, pure, est en revanche très irritante pour les muqueuses. Une rage de dents signale le plus souvent un problème qui ne guérira pas seul : prenez rendez-vous rapidement chez le dentiste, et consultez en urgence en cas de gonflement de la joue ou de fièvre.
Plusieurs plantes de nos placards ont des usages traditionnels reconnus ; notre article sur les 20 plantes médicinales de la phytothérapie présente les principales avec leurs précautions. Pour aller au-delà des astuces, la formation en phytothérapie apprend à distinguer usage traditionnel et usage démontré, et la formation en aromathérapie détaille la sécurité des huiles essentielles.
Les remèdes de grand-mère ne s'appliquent qu'aux petits maux. Consultez un médecin, ou appelez le 15 ou le 112 en cas d'urgence, dans les situations suivantes :
En dehors de l'urgence, un praticien formé à une approche globale, comme un naturopathe, peut vous aider à adopter de bonnes habitudes, toujours en complément du suivi médical et sans jamais poser de diagnostic.
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Voir les 48 formationsDes essais chez l'enfant de plus d'un an suggèrent qu'il soulage la toux et améliore le sommeil mieux que l'absence de traitement. Il ne doit jamais être donné avant un an, en raison du risque de botulisme infantile.
Non. Le corps gras retient la chaleur et gêne les soins. Il faut refroidir la brûlure sous l'eau tempérée pendant une quinzaine de minutes et consulter si elle est étendue, profonde, sur une zone sensible ou chez un enfant.
S'asseoir, pencher la tête en avant, se moucher doucement puis comprimer les deux narines pendant une dizaine de minutes. Pencher la tête en arrière est à éviter, car le sang coule dans la gorge.
Non. Aucun mécanisme plausible ni aucune étude ne soutient ce remède. Il est inoffensif mais inutile.
Cela dépend de l'espèce : il est recommandé pour certaines méduses tropicales mais peut aggraver d'autres piqûres. En Europe, on rince à l'eau de mer, on retire les filaments sans frotter et on suit les consignes des postes de secours.
L'eau chaude, le citron et le miel apaisent, mais l'alcool n'apporte rien : il perturbe le sommeil, déshydrate et peut interagir avec les médicaments. Il ne doit jamais être donné à un enfant.
Vérifiez que la situation est bénigne, que le mécanisme est plausible, que le remède a été testé chez l'humain, qu'il ne présente pas de risque et qu'il ne retarde pas une consultation nécessaire.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
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