Bien-être

Psychologie positive : 12 exercices simples pour plus de bien-être

La psychologie positive est l'étude scientifique de ce qui aide les personnes à s'épanouir, impulsée par Martin Seligman en 1998. Voici son modèle PERMA, 12 exercices simples à pratiquer pas à pas, un programme de 4 semaines et les limites à connaître.

Psychologie positive : 12 exercices simples pour plus de bien-être — illustration Savoirs Naturels

L'essentiel à retenir

  • La psychologie positive est une branche de la psychologie scientifique qui étudie ce qui permet aux personnes de s'épanouir : émotions positives, forces, relations, sens. Elle a été impulsée par Martin Seligman, président de l'American Psychological Association en 1998.
  • Son modèle le plus connu, PERMA, distingue cinq piliers du bien-être : émotions positives, engagement, relations, sens et accomplissement.
  • Les 12 exercices présentés ici prennent de 5 à 30 minutes ; les plus étudiés sont les trois bonnes choses, la lettre de gratitude, l'usage des forces et le meilleur soi possible.
  • Leurs effets sont réels mais modestes et variables selon les personnes. Ce n'est pas de la « pensée positive » forcée, et cela ne remplace pas la prise en charge d'une dépression.

Qu'est-ce que la psychologie positive ?

La psychologie positive est l'étude scientifique du fonctionnement optimal des personnes, des groupes et des institutions. Elle ne s'intéresse pas seulement à ce qui va mal, mais aussi à ce qui va bien : la gratitude, l'optimisme, les forces de caractère, la qualité des relations, le sentiment que sa vie a du sens.

Son acte de naissance est généralement daté de 1998, lorsque Martin Seligman, psychologue américain connu pour ses travaux sur l'impuissance apprise, devient président de l'American Psychological Association (APA) et appelle la discipline à se pencher sur ce qui rend la vie digne d'être vécue. En 2000, il publie avec Mihaly Csikszentmihalyi, le théoricien du « flow », un article fondateur dans la revue American Psychologist. D'autres chercheurs ont ensuite développé le champ : Christopher Peterson, Barbara Fredrickson, Sonja Lyubomirsky, Kristin Neff, entre autres.

Il faut bien la distinguer de la « pensée positive » popularisée par les livres de développement personnel. La psychologie positive ne demande pas de voir la vie en rose ni de nier les difficultés : elle s'appuie sur des recherches, mesure les effets de ses interventions, et reconnaît que les émotions désagréables ont leur utilité.

Le modèle PERMA

Dans son livre Flourish (2011), Martin Seligman propose de décrire le bien-être à travers cinq piliers, dont les initiales anglaises forment l'acronyme PERMA. Chacun peut être cultivé séparément ; les exercices de cet article sont regroupés autour d'eux.

Les 5 piliers du modèle PERMA
PilierSignificationQuestion à se poser
P – Positive emotionsÉmotions positives : joie, gratitude, sérénité, intérêtQu'est-ce qui m'a fait du bien aujourd'hui ?
E – EngagementÊtre absorbé par une activité, état de flowQuand ai-je perdu la notion du temps ?
R – RelationshipsRelations positives et soutenantesSur qui puis-je compter, et qui compte sur moi ?
M – MeaningSens, appartenance à quelque chose de plus grand que soiÀ quoi ce que je fais contribue-t-il ?
A – AccomplishmentAccomplissement, progression vers des objectifsDe quoi suis-je fier ce mois-ci ?

Exercices 1 à 4 : gratitude et forces

1. Les trois bonnes choses

  1. Chaque soir, pendant au moins une semaine, notez trois choses qui se sont bien passées dans la journée, même minimes (un café au soleil, un message d'un ami).
  2. Pour chacune, écrivez pourquoi elle s'est produite : « parce que j'ai pris le temps d'appeler », « parce que ma collègue est attentionnée ».
  3. Écrivez à la main si possible, en 10 minutes maximum.

Cet exercice, testé dans une étude de Seligman et de ses collègues publiée en 2005, entraîne l'attention à repérer ce qui va bien. L'étape du « pourquoi » est essentielle : elle relie les événements à vos actions ou à votre entourage.

2. La lettre de gratitude

  1. Pensez à une personne qui a compté pour vous et que vous n'avez jamais vraiment remerciée.
  2. Écrivez-lui une lettre d'environ une page : ce qu'elle a fait, précisément, et ce que cela a changé pour vous.
  3. Si possible, lisez-la-lui en personne ou par visio. Sinon, envoyez-la ou gardez-la : l'écriture a déjà un intérêt.

3. Identifier ses forces de caractère

Christopher Peterson et Martin Seligman ont publié en 2004 une classification de 24 forces de caractère, regroupées en six vertus (sagesse, courage, humanité, justice, tempérance, transcendance), connue sous le nom de classification VIA (Values in Action). Un questionnaire gratuit permet d'identifier vos forces dominantes, dites « forces signatures ». À défaut, posez-vous ces questions :

  • Quelles qualités mes proches citent-ils spontanément chez moi ?
  • Quelles activités me donnent de l'énergie au lieu de m'en prendre ?
  • Qu'est-ce que je fais naturellement bien, presque sans effort ?

Retenez cinq forces, par exemple : curiosité, humour, gentillesse, persévérance, sens de l'équité.

4. Utiliser une force d'une manière nouvelle

Pendant une semaine, choisissez chaque jour l'une de vos forces signatures et utilisez-la d'une façon inhabituelle. Si votre force est la curiosité : essayez une cuisine que vous ne connaissez pas, posez trois questions à un collègue sur son métier. Si c'est la gentillesse : proposez votre aide à un voisin. Notez le soir ce que vous avez fait et ce que vous avez ressenti. C'est l'un des exercices dont les effets ont été observés le plus durablement dans les premières études.

Exercices 5 à 8 : plaisir, engagement et relations

5. Le meilleur soi possible

  1. Imaginez-vous dans 5 à 10 ans : tout s'est passé aussi bien que possible, de façon réaliste, grâce à vos efforts.
  2. Écrivez pendant 15 à 20 minutes à quoi ressemble cette vie : travail, relations, santé, loisirs.
  3. Relisez et repérez un premier pas concret réalisable cette semaine.

Cet exercice, étudié notamment par Laura King, puis par Sonja Lyubomirsky, favorise l'optimisme et la clarification des priorités.

6. Les actes de gentillesse

Choisissez un jour par semaine et réalisez-y cinq actes de gentillesse : céder sa place, laisser un mot d'encouragement, offrir un café, rendre un service, faire un compliment sincère. Les recherches de Sonja Lyubomirsky suggèrent que les regrouper sur une journée produit un effet plus perceptible que de les disperser. Variez les actes pour éviter la routine.

7. Savourer

Savourer consiste à prolonger et amplifier une expérience agréable. Le psychologue Fred Bryant a beaucoup travaillé sur cette notion. Exercice : une fois par jour, prenez deux minutes pour vivre pleinement un moment agréable (une boisson chaude, une musique, un paysage), en remarquant les sensations, sans téléphone. Le soir, racontez-le à quelqu'un ou notez-le : le partage prolonge le plaisir. Cette attention au présent rejoint la pratique de la méditation, que vous pouvez découvrir avec notre méditation pour débutants en 10 minutes.

8. Cultiver le flow

Le flow, décrit par Mihaly Csikszentmihalyi, est un état d'absorption totale dans une activité, quand le défi est à la hauteur de nos compétences. Exercice : listez trois activités où vous perdez la notion du temps (jardinage, musique, sport, bricolage, écriture). Réservez-vous chaque semaine deux plages de 30 minutes sans interruption pour l'une d'elles. Si une tâche vous ennuie, augmentez la difficulté ; si elle vous angoisse, découpez-la.

Exercices 9 à 12 : sens et rapport à soi

9. La réponse active-constructive

La psychologue Shelly Gable a montré que notre manière de réagir aux bonnes nouvelles des autres influence la qualité de nos relations. Quatre réponses sont possibles quand un proche annonce une promotion : active-constructive (« C'est formidable ! Comment l'as-tu appris ? Qu'est-ce qui va changer ? »), passive-constructive (« C'est bien. »), active-destructive (« Tu vas avoir encore plus de travail. ») et passive-destructive (changer de sujet). Exercice : pendant une semaine, repérez chaque bonne nouvelle partagée et répondez de manière active et constructive, avec enthousiasme et questions. Les principes de la communication non violente complètent bien cet exercice.

10. Réécrire son récit

  1. Choisissez un épisode difficile, mais pas traumatique, que vous vous racontez souvent de façon négative (un échec professionnel, une rupture).
  2. Écrivez-le une première fois tel que vous le vivez.
  3. Réécrivez-le en cherchant ce que vous avez appris, les ressources que vous avez mobilisées, les personnes qui vous ont aidé, et ce que cet épisode a rendu possible ensuite.

Il ne s'agit pas de nier la difficulté, mais d'élargir le récit. Les travaux de James Pennebaker sur l'écriture expressive et de Timothy Wilson sur l'« édition » de nos histoires personnelles inspirent cet exercice.

11. L'autocompassion

La chercheuse américaine Kristin Neff définit l'autocompassion par trois composantes : la bienveillance envers soi plutôt que l'autocritique, le sentiment d'humanité commune (tout le monde souffre et se trompe), et la pleine conscience de sa douleur sans s'y noyer. Exercice en trois phrases, à utiliser dans un moment difficile, main posée sur le cœur : « C'est un moment difficile. » « La difficulté fait partie de la vie, je ne suis pas seul. » « Que puis-je m'offrir de bienveillant maintenant ? » Vous pouvez aussi écrire une lettre à vous-même comme vous l'écririez à un ami cher.

12. Objectifs alignés et journal de fierté

Deux pratiques complémentaires pour le pilier « accomplissement » :

  • Objectifs alignés : écrivez trois objectifs pour les trois prochains mois. Pour chacun, demandez-vous s'il correspond à vos valeurs ou s'il vient d'une pression extérieure. Les objectifs choisis pour eux-mêmes sont, selon la recherche sur la motivation, plus susceptibles d'être poursuivis et d'apporter de la satisfaction. Découpez chacun en une première action datée.
  • Journal de fierté : chaque dimanche, notez trois choses dont vous êtes fier dans la semaine, petites ou grandes (avoir tenu une décision, osé dire non, terminé un dossier). Relisez le journal à la fin du mois.

Les 12 exercices en un coup d'œil

Durée et bénéfice visé de chaque exercice
ExerciceDuréeFréquenceBénéfice visé
1. Trois bonnes choses10 minChaque soirAttention à ce qui va bien
2. Lettre de gratitude30 minUne foisGratitude, lien social
3. Identifier ses forces20 à 30 minUne foisConnaissance de soi
4. Force utilisée autrementVariableChaque jour, 1 semaineEngagement, confiance
5. Meilleur soi possible15 à 20 minQuelques foisOptimisme, priorités
6. Actes de gentillesseVariable1 jour par semaineÉmotions positives, relations
7. Savourer2 minChaque jourPlaisir, présence
8. Cultiver le flow30 min2 fois par semaineEngagement
9. Réponse active-constructiveQuelques secondesÀ chaque occasionQualité des relations
10. Réécriture de récit20 minPonctuelleSens, résilience
11. Autocompassion1 à 5 minDans les moments difficilesMoins d'autocritique
12. Objectifs et journal de fierté10 à 15 minHebdomadaireAccomplissement

Un programme de 4 semaines

Mieux vaut pratiquer peu d'exercices régulièrement que tous à la fois. Voici une progression possible, de 10 à 15 minutes par jour en moyenne :

  1. Semaine 1, gratitude : trois bonnes choses chaque soir ; lettre de gratitude le week-end.
  2. Semaine 2, forces : identifiez vos cinq forces signatures, puis utilisez-en une de façon nouvelle chaque jour. Continuez à savourer un moment par jour.
  3. Semaine 3, relations : réponse active-constructive à chaque bonne nouvelle ; une journée de cinq actes de gentillesse ; deux plages de flow.
  4. Semaine 4, sens et soi : meilleur soi possible, trois objectifs alignés, journal de fierté le dimanche, autocompassion en cas de coup dur.

À la fin du mois, gardez les deux ou trois exercices qui vous ont le plus parlé. Les recherches suggèrent que l'adéquation entre l'exercice et la personne compte : un exercice qui vous semble artificiel sera peu utile. Si le stress domine votre quotidien, complétez avec nos solutions naturelles contre le stress et l'anxiété.

Limites et précautions

  • Des effets modestes : les méta-analyses des interventions de psychologie positive montrent des effets réels sur le bien-être et les symptômes dépressifs légers, mais d'ampleur faible à modérée, et qui tendent à diminuer avec le temps si la pratique s'arrête. Certaines études initiales n'ont pas été répliquées avec la même force.
  • Pas de pensée positive forcée : se contraindre à être heureux, nier sa tristesse ou sa colère peut aggraver le mal-être. Toutes les émotions ont leur place ; les exercices visent à élargir l'attention, pas à censurer.
  • Pas un traitement : la psychologie positive ne remplace pas la prise en charge d'une dépression, d'un trouble anxieux, d'un burn-out ou d'un traumatisme. Si vous ressentez une tristesse persistante, une perte d'intérêt pour tout, ou un épuisement profond, consultez un médecin ou un psychologue. Notre article sur le burn-out et les approches naturelles de récupération détaille les signes d'alerte.
  • En cas d'idées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24 h/24 en France.
  • Attention aux injonctions : dans un contexte professionnel toxique ou de précarité, le problème n'est pas d'abord votre état d'esprit. La psychologie positive ne doit pas servir à faire porter à l'individu la responsabilité de difficultés collectives.

Pour aller plus loin dans la démarche, un accompagnement individuel peut aider à passer à l'action : voyez quand faire appel à un coach de vie. Les professionnels qui souhaitent intégrer ces outils trouveront dans la formation de coach de vie et la formation en thérapie par le rire des approches complémentaires.

Aller plus loin : maîtriser les outils de la psychologie positive

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que la psychologie positive ?

C'est une branche de la psychologie scientifique qui étudie les émotions positives, les forces, les relations et le sens de la vie. Elle a été impulsée par Martin Seligman, président de l'American Psychological Association en 1998.

Que signifie le modèle PERMA ?

PERMA désigne les cinq piliers du bien-être selon Martin Seligman : émotions positives, engagement, relations, sens et accomplissement (Positive emotions, Engagement, Relationships, Meaning, Accomplishment).

Quel est l'exercice de psychologie positive le plus simple ?

L'exercice des trois bonnes choses : chaque soir, noter trois événements positifs de la journée et pourquoi ils se sont produits. Il prend moins de 10 minutes.

La psychologie positive est-elle la même chose que la pensée positive ?

Non. La psychologie positive repose sur la recherche et ne demande pas de nier les difficultés ni les émotions désagréables, contrairement à certaines approches de pensée positive.

Les exercices de psychologie positive sont-ils efficaces ?

Les méta-analyses montrent des effets réels mais modestes sur le bien-être et les symptômes dépressifs légers, qui dépendent de la régularité de la pratique et de l'adéquation entre l'exercice et la personne.

La psychologie positive peut-elle soigner une dépression ?

Non. Elle ne remplace pas la prise en charge d'une dépression par un médecin ou un psychologue. En cas d'idées suicidaires, le 3114 est joignable 24 h/24 en France.

Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.

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