Compléments alimentaires : lesquels sont utiles et comment éviter les pièges
Compléments alimentaires : statut réglementaire, cas où ils sont vraiment utiles, interactions, surdosages, lecture d'étiquette et check-list avant d'acheter.
Un praticien bien-être peut décrire sa pratique et ses objectifs de détente, mais pas prétendre guérir, soigner ou prévenir une maladie. Ces promesses sont trompeuses au sens du Code de la consommation et peuvent relever de l'exercice illégal de la médecine. Voici ce qui est permis, ce qui ne l'est pas et comment reformuler.

Une allégation santé est toute affirmation, explicite ou suggérée, selon laquelle un produit, une méthode ou une prestation a un effet sur la santé. Elle peut figurer dans un texte, un titre, une image, un nom de prestation, un témoignage ou un échange oral. « Séance anti-migraine », « protocole contre l'eczéma », une photo de radiographie à côté d'un tarif, ou un témoignage affirmant « grâce à elle, je n'ai plus de crises d'asthme » sont autant d'allégations.
Pour un praticien bien-être, l'enjeu est double. Juridiquement, certaines formulations exposent à des sanctions. Éthiquement, elles peuvent conduire une personne malade à retarder un diagnostic ou à négliger un traitement. C'est l'une des questions centrales de la déontologie du praticien bien-être.
Les règles décrites ici concernent la France et sont présentées de façon générale. Elles ne constituent pas un conseil juridique : pour une communication précise, faites-vous accompagner par un juriste.
| Texte | Ce qu'il encadre | Conséquence pour vous |
|---|---|---|
| Code de la santé publique, article L4161-1 | Exercice illégal de la médecine | Ne pas prétendre diagnostiquer ou traiter des maladies |
| Code de la santé publique, article L5111-1 | Définition du médicament, y compris par sa présentation | Un produit présenté comme guérissant ou prévenant une maladie peut être considéré comme un médicament |
| Code de la consommation, articles L121-1 et suivants | Pratiques commerciales déloyales et trompeuses | Aucune affirmation fausse ou ambiguë sur les effets d'une prestation |
| Règlement (CE) 1924/2006 | Allégations nutritionnelles et de santé sur les denrées alimentaires | Seules les allégations autorisées et inscrites au registre de l'Union sont permises |
| Règlement (UE) 1169/2011 | Information des consommateurs sur les denrées alimentaires | Interdiction d'attribuer à un aliment des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d'une maladie |
| Règlement (CE) 1223/2009 | Produits cosmétiques | Un cosmétique ne revendique pas d'effet thérapeutique |
Le contrôle relève principalement de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pour les pratiques commerciales, et des autorités sanitaires pour les produits. Le Code de la consommation prévoit, pour les pratiques commerciales trompeuses, des peines pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, montant qui peut être augmenté selon le chiffre d'affaires ou les avantages tirés du délit.
Parmi les pratiques que le Code de la consommation répute trompeuses en toutes circonstances figure le fait d'affirmer faussement qu'un produit ou une prestation de services est de nature à guérir des maladies, des dysfonctionnements ou des malformations (article L121-4). Pour un praticien bien-être, cela couvre un large éventail de formulations.
Mentionner une maladie n'est pas interdit en soi dans un contenu informatif, par exemple pour rappeler qu'elle nécessite un suivi médical. C'est l'association entre votre prestation et un effet sur cette maladie qui pose problème.
Vous pouvez parfaitement communiquer sur votre activité de façon attractive et honnête. Sont généralement acceptables :
La règle d'or : parlez de bien-être et de vécu, jamais de maladie et de guérison.
| À éviter | Formulation plus prudente |
|---|---|
| Je soigne le stress et l'anxiété | J'accompagne la gestion du stress du quotidien avec des techniques de relaxation |
| Séance anti-insomnie | Séance de relaxation pour favoriser la détente avant le coucher |
| La réflexologie guérit les migraines | La réflexologie est une pratique de détente ; en cas de maux de tête fréquents, consultez votre médecin |
| Libérez-vous de la dépression | Un temps d'écoute et de détente, en complément d'un suivi par un professionnel de santé si besoin |
| Détox du foie en 7 jours | Une semaine pour revoir ses habitudes alimentaires et son rythme de vie |
| Renforce le système immunitaire | Des conseils d'hygiène de vie pour traverser l'hiver |
| Résultats garantis dès la première séance | Le nombre de séances varie selon chacun ; nous faisons le point ensemble |
| Thérapeute du burn-out | Accompagnement de la récupération, en complément du suivi médical |
| Alternative naturelle aux antidépresseurs | Ne pas formuler : toute question de traitement relève du médecin |
| Prouvé scientifiquement | Quelques études préliminaires existent ; les preuves restent limitées |
| Psychothérapie par l'hypnose | Séances d'hypnose de bien-être |
| Rééquilibre vos hormones | Ne pas formuler : l'équilibre hormonal relève d'un suivi médical |
Certaines promesses ne se reformulent pas : elles se suppriment. Si une phrase n'a de sens que parce qu'elle promet un effet sur une maladie, c'est qu'elle n'a pas sa place dans votre communication.
Si vous conseillez ou vendez des produits, des règles spécifiques s'ajoutent.
Le règlement (CE) 1924/2006 n'autorise que les allégations nutritionnelles et de santé figurant sur des listes adoptées par la Commission européenne après évaluation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Le registre de l'Union, consultable en ligne, précise la formulation exacte et les conditions d'emploi de chaque allégation autorisée, par exemple pour certaines vitamines et minéraux. Pour de nombreuses plantes, l'évaluation européenne des allégations est suspendue depuis des années, ce qui crée une situation transitoire complexe : la prudence s'impose. Une allégation selon laquelle un aliment prévient, traite ou guérit une maladie est, elle, interdite. Notre article sur les compléments alimentaires utiles et leurs pièges rappelle aussi les risques d'interactions.
Les huiles essentielles vendues comme produits de bien-être, d'ambiance ou cosmétiques ne peuvent pas revendiquer d'effet thérapeutique. Un produit présenté comme ayant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies peut être qualifié de médicament par présentation (article L5111-1 du Code de la santé publique), dont la vente est réservée. Rappelez toujours les précautions d'emploi et les contre-indications. Une base solide en aromathérapie ou en phytothérapie aide à tenir un discours à la fois utile et prudent.
Un cosmétique nettoie, parfume, protège, entretient ou modifie l'aspect ; il ne soigne pas. Les allégations cosmétiques doivent respecter des critères communs de véracité, d'honnêteté et de justification fixés au niveau européen.
Les règles s'appliquent à tous vos supports : site internet, fiche d'établissement, réseaux sociaux, flyers, vidéos, et même aux échanges privés par messagerie.
Avant de publier une page, un post ou un flyer, relisez-le avec ces questions :
Cette dernière question est sans doute la plus utile : elle place le lecteur vulnérable au centre et rejoint les critères de vigilance décrits dans notre article sur les dérives thérapeutiques. En cas de doute sérieux, faites relire vos supports par un juriste ou renseignez-vous auprès de votre fédération professionnelle.
Tenir un discours de santé exact suppose de bien connaître les limites de sa pratique. La formation de coach santé et bien-être aide à construire un accompagnement de l'hygiène de vie clair et responsable. Pour approfondir les produits que vous pourriez conseiller, consultez aussi la formation en aromathérapie, la formation en phytothérapie et la formation de coach en nutrition, présentées avec leur programme dans notre catalogue.
Voir les 48 formationsNon. Il peut parler de détente, de gestion du stress du quotidien ou d'accompagnement, mais pas prétendre soigner, guérir ou traiter une maladie.
La DGCCRF contrôle les pratiques commerciales trompeuses, y compris sur internet. Les autorités sanitaires interviennent pour les produits comme les compléments alimentaires.
Uniquement les allégations nutritionnelles et de santé autorisées au niveau européen en application du règlement (CE) 1924/2006 et inscrites au registre de l'Union, avec leur formulation et leurs conditions d'emploi.
Oui, avec leur accord écrit, s'ils sont authentiques et ne mentionnent ni maladie ni guérison. Un témoignage engage la responsabilité du praticien qui le publie.
Oui, si elles sont réelles, vérifiables et présentées avec leurs limites. Il faut éviter de transformer des résultats préliminaires en preuve d'efficacité.
Le Code de la consommation prévoit des peines pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende, montant pouvant être augmenté selon le chiffre d'affaires ou les avantages tirés.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
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