Psychologie positive : 12 exercices simples pour plus de bien-être
Psychologie positive : modèle PERMA de Seligman, 12 exercices pas à pas (gratitude, forces, flow, autocompassion), programme de 4 semaines et limites.
Ikigai est un mot japonais courant qui désigne ce qui fait qu'une vie vaut la peine d'être vécue, du grand projet au petit plaisir quotidien. Le célèbre diagramme aux quatre cercles est une construction occidentale popularisée vers 2014, centrée sur le travail. Voici comment utiliser les deux approches pour réfléchir à ce qui vous donne du sens.

Le mot japonais ikigai (生き甲斐) associe iki, lié au verbe vivre, et gai (forme de kai), qui évoque la valeur, l'effet ou ce qui en vaut la peine. On peut le traduire par « raison d'être », « joie de vivre » ou « ce pour quoi on se lève le matin ». C'est un terme de la langue courante, que l'on utilise au Japon pour parler de choses très diverses : ses enfants, son jardin, son métier, une pratique artistique, un club de sport, voire le plaisir de partager un thé avec ses voisins.
L'ikigai n'est donc pas un grand but unique et définitif. Une personne peut avoir plusieurs ikigai, qui évoluent au fil de la vie. Il peut s'agir d'une passion intense ou d'un petit rituel. Ce qui compte, c'est le sentiment que sa vie a de la valeur et de la saveur, grâce à cette chose ou à ces personnes.
Cette approche diffère de la manière dont le mot est souvent présenté en Occident, où il est devenu synonyme de « trouver sa vocation » ou de « métier idéal ». Les deux lectures ont leur intérêt, mais il est utile de savoir d'où vient chacune.
La psychiatre japonaise Mieko Kamiya a publié en 1966 un livre intitulé Ikigai ni tsuite (« À propos de l'ikigai »), nourri par son travail auprès de personnes atteintes de la lèpre, isolées dans un sanatorium. Elle s'y interroge sur ce qui permet de trouver un sens à sa vie, même dans des conditions très difficiles. Cet ouvrage est considéré comme une référence importante sur le sujet au Japon.
Dans la culture japonaise, l'ikigai est souvent associé à des notions voisines qui éclairent son esprit.
| Notion | Sens approximatif | Lien avec l'ikigai |
|---|---|---|
| Kodawari | Exigence personnelle, souci du détail dans ce que l'on fait | Trouver de la satisfaction dans le travail bien fait, même modeste |
| Wabi-sabi | Beauté de l'imparfait, de l'impermanent et du simple | Accepter que la vie ne soit pas parfaite pour l'apprécier |
| Moai | À Okinawa, groupe d'entraide entre amis, souvent pour la vie | Le lien social comme source de sens |
| Ichigo ichie | « Une fois, une rencontre » : chaque moment est unique | Savourer l'instant présent |
L'ikigai est fréquemment associé à Okinawa, archipel du sud du Japon connu pour la longévité d'une partie de sa population, notamment depuis les travaux sur les « zones bleues » popularisés par le journaliste américain Dan Buettner. Le livre de García et Miralles s'appuie d'ailleurs sur des entretiens réalisés dans le village d'Ogimi. Il faut toutefois rester prudent : la longévité dépend de nombreux facteurs (alimentation, activité physique, liens sociaux, génétique, conditions de vie) et il est impossible d'en attribuer une part précise à l'ikigai.
Vous avez sans doute vu ce schéma : quatre cercles qui se chevauchent, intitulés « ce que vous aimez », « ce en quoi vous êtes doué », « ce dont le monde a besoin » et « ce pour quoi vous pouvez être payé ». Leurs intersections deux à deux donnent la passion, la mission, la vocation et la profession, et le centre serait votre ikigai.
Ce diagramme n'est pas d'origine japonaise. Il a été diffusé largement à partir de 2014, notamment grâce à un article de blog de l'entrepreneur britannique Marc Winn, qui a ajouté le mot « ikigai » au centre d'un diagramme sur le sens de la vie créé auparavant par l'astrologue espagnol Andrés Zuzunaga. Le schéma a ensuite été repris dans d'innombrables présentations et ouvrages de développement personnel.
| Critère | Ikigai au sens japonais | Diagramme occidental |
|---|---|---|
| Origine | Mot courant de la langue japonaise | Schéma popularisé vers 2014 |
| Place du travail | Facultative | Centrale |
| Place de l'argent | Aucune nécessité | Un des quatre critères |
| Échelle | Petites et grandes choses | Grand projet de vie |
| Nombre | Plusieurs ikigai possibles | Un point central unique |
| Usage utile | Remarquer et cultiver ce qui donne de la saveur à la vie | Réfléchir à une orientation ou une reconversion professionnelle |
Le diagramme n'est pas pour autant inutile. Il constitue un bon outil de réflexion pour une reconversion professionnelle ou un projet d'entreprise. Simplement, il est plus juste de l'appeler « diagramme de la vocation » ou « diagramme dit de l'ikigai », et de ne pas croire qu'il résume une sagesse japonaise ancestrale.
Le neuroscientifique japonais Ken Mogi, dans son livre The Little Book of Ikigai publié en 2017, propose une lecture plus proche de la conception japonaise. Il décrit cinq piliers, qui ne sont pas des étapes mais des attitudes à cultiver.
Ces piliers rejoignent plusieurs pistes de la psychologie positive, comme la gratitude, l'engagement dans l'activité et l'attention au présent. Notre article sur les 12 exercices de psychologie positive en propose des applications concrètes, et une formation en psychologie positive permet d'approfondir les fondements de ces exercices.
Cet exercice combine les deux lectures : la japonaise, pour repérer ce qui donne déjà du sens à votre quotidien, et l'occidentale, pour réfléchir à une orientation. Prévoyez une heure, un carnet et, idéalement, une deuxième séance quelques jours plus tard.
L'ikigai ne se trouve pas en une après-midi devant une feuille. Il se découvre en agissant, en essayant, en observant ce qui vous nourrit. L'exercice sert à orienter vos expérimentations.
Cet exercice s'articule bien avec un travail sur vos valeurs personnelles : les valeurs indiquent la direction, l'ikigai les activités et les liens qui l'incarnent. Pour approfondir chaque question par écrit, notre sélection de 30 questions de journaling peut vous servir.
Ces portraits fictifs montrent la diversité des réponses possibles.
| Personne | Situation | Ce qui donne du sens | Action engagée |
|---|---|---|---|
| Nadia, 34 ans | Comptable, sentiment de routine | Expliquer, transmettre, rendre les choses claires | Anime des ateliers budget dans une association, envisage la formation d'adultes |
| Jean, 67 ans | Retraité depuis deux ans, perte de repères | Son potager et le lien avec ses petits-enfants | Crée un jardin partagé dans son quartier et y accueille une école |
| Sofia, 26 ans | Étudiante, hésite sur son orientation | La musique, mais elle ne veut pas en vivre | Choisit un métier stable et garde la musique comme ikigai personnel |
Le cas de Sofia illustre une idée importante : votre ikigai n'a pas besoin d'être rentable. Faire d'une passion un métier peut même l'abîmer, sous la pression financière. Celui de Jean rappelle que les transitions de vie, comme la retraite, sont des moments où l'ikigai mérite d'être réinventé ; notre article sur le bien-vieillir après 60 ans aborde aussi ces questions.
Des enquêtes menées au Japon ont étudié le lien entre le fait de déclarer avoir un ikigai et différents indicateurs de santé ou de longévité. Plus largement, la recherche en psychologie s'intéresse au sens de la vie et au sentiment d'avoir un but, qui sont souvent associés à un meilleur bien-être.
Il faut toutefois rester prudent dans l'interprétation. Ces travaux sont pour la plupart des études d'observation : elles montrent une association, pas une relation de cause à effet. Les personnes en bonne santé ont peut-être plus de facilité à cultiver un ikigai, et inversement. Les mesures reposent aussi sur des questionnaires, qui varient d'une étude à l'autre. Il est donc raisonnable de dire que se sentir porté par quelque chose fait partie d'une vie épanouie, mais pas que trouver son ikigai protège de la maladie ou fait vivre plus longtemps.
Utilisé avec souplesse, l'ikigai reste une invitation précieuse : remarquer ce qui vous fait du bien, l'entretenir, et oser explorer de nouvelles pistes. Pour être accompagné dans une réflexion d'orientation, un coach de vie formé peut vous aider à passer de la réflexion à l'action.
Vous souhaitez approfondir ces questions pour vous-même ou aider d'autres personnes à donner une direction à leur vie ? Notre fiche détaillée présente une formation de coach de vie en ligne, certifiante, avec ses outils de clarification et ses limites. Pour compléter, découvrez aussi la formation en psychologie positive, la formation en coaching et la formation en méditation, ou explorez l'ensemble du catalogue.
Voir les 48 formationsIkigai est un mot japonais qui associe l'idée de vivre et celle de valeur. Il désigne ce qui donne envie de se lever le matin et fait que la vie vaut la peine d'être vécue.
Non. Le diagramme aux quatre cercles a été popularisé vers 2014, notamment par un article de blog de Marc Winn qui a ajouté le mot ikigai à un diagramme sur le sens de la vie d'Andrés Zuzunaga. Au Japon, l'ikigai n'est pas forcément lié au travail ni à l'argent.
Dans The Little Book of Ikigai (2017), Ken Mogi décrit cinq piliers : commencer petit, se libérer de soi, harmonie et durabilité, la joie des petites choses, et être dans l'ici et maintenant.
Oui. Au sens japonais, une personne peut avoir plusieurs ikigai, comme ses enfants, son jardin ou une pratique artistique, et ils évoluent au fil de la vie.
On ne peut pas l'affirmer. Des enquêtes japonaises ont observé des associations entre ikigai et santé, mais ce sont des études d'observation qui ne prouvent pas de lien de cause à effet.
Commencez par lister les petites joies et les moments d'absorption de votre quotidien, puis répondez aux quatre questions du diagramme et testez une piste concrète pendant un mois. L'ikigai se découvre surtout en expérimentant.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
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