Médecines douces : définition, liste des pratiques et précautions
Qu'est-ce que les médecines douces ? Définition officielle, différence entre médecine complémentaire et alternative, liste des pratiques et précautions.
L'homéopathie, fondée par Samuel Hahnemann à la fin du XVIIIe siècle, repose sur le principe de similitude et sur des dilutions successives exprimées en CH. Jugée d'efficacité insuffisante par la Haute Autorité de santé en 2019, elle n'est plus remboursée en France depuis le 1er janvier 2021. Voici ses principes, l'histoire du déremboursement et ce que dit la science.

L'homéopathie est une méthode thérapeutique qui consiste à administrer, à très faibles doses, des substances qui provoqueraient, à doses plus fortes chez une personne en bonne santé, des symptômes semblables à ceux que l'on cherche à soulager. Son nom vient du grec homoios (semblable) et pathos (souffrance).
En France, les médicaments homéopathiques ont un statut de médicament : ils sont fabriqués par des laboratoires pharmaceutiques, vendus en pharmacie et soumis à un enregistrement auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ce statut garantit leur qualité de fabrication, mais l'enregistrement simplifié dont bénéficient la plupart d'entre eux ne repose pas sur une démonstration d'efficacité clinique. Ils se présentent le plus souvent sous forme de granules ou de globules à laisser fondre sous la langue.
L'homéopathie est très populaire en France, en Allemagne, en Inde ou en Suisse. Elle est pratiquée notamment par des médecins, des sages-femmes, des pharmaciens dans le conseil, ou encore des vétérinaires. Pour la situer parmi les autres pratiques, voyez notre article médecines douces : définition et liste.
Samuel Hahnemann (1755-1843) est un médecin et chimiste allemand. Déçu par la médecine de son temps, faite de saignées, de purges et de remèdes souvent toxiques, il cesse un temps d'exercer et vit de traductions d'ouvrages médicaux.
En traduisant un traité du médecin écossais William Cullen, il s'interroge sur l'action de l'écorce de quinquina contre les fièvres. Il en absorbe lui-même et observe des symptômes qu'il juge proches de ceux des fièvres intermittentes. Il en tire l'idée que ce qui provoque des symptômes chez un sujet sain peut soulager des symptômes semblables chez un malade. Il expose ce principe en 1796, puis le développe dans son ouvrage majeur, l'Organon de l'art de guérir, dont la première édition paraît en 1810.
Hahnemann termine sa vie à Paris, où il s'installe en 1835. Au XIXe siècle, l'homéopathie se diffuse en Europe, aux États-Unis puis en Inde. Dans un contexte où les traitements de l'époque étaient souvent dangereux, une méthode qui ne nuisait pas pouvait paraître plus efficace que ses concurrentes, ce qui a sans doute contribué à son succès.
| Principe | Définition | Exemple traditionnel |
|---|---|---|
| Similitude | Soigner le semblable par le semblable (similia similibus curentur) | L'oignon (Allium cepa), qui fait pleurer et couler le nez, est employé traditionnellement dans des rhumes avec écoulement |
| Dilution | Diluer fortement la substance de départ pour éviter sa toxicité | Dilutions successives au centième (CH) |
| Dynamisation | Secouer vigoureusement la préparation à chaque étape de dilution | Succussions répétées entre chaque dilution |
| Individualisation | Choisir le remède selon l'ensemble des symptômes et le profil de la personne, pas seulement selon la maladie | Deux personnes enrhumées peuvent recevoir des remèdes différents |
Les remèdes sont issus de substances d'origine végétale (arnica, belladone), minérale (soufre, sels) ou animale. Leur tableau de symptômes a été établi à partir d'expérimentations sur des sujets sains, appelées pathogénésies, et de l'expérience clinique des praticiens, compilée dans des recueils appelés matières médicales.
L'homéopathie se distingue de la phytothérapie, qui utilise des plantes à des doses pondérales contenant des molécules actives. L'arnica homéopathique et l'arnica en gel de phytothérapie ne sont pas du tout la même chose.
Le sigle CH signifie centésimale hahnemannienne. La préparation se fait par étapes :
Chaque CH multiplie la dilution par 100. Le calcul est donc simple :
| Dilution | Facteur | Ce que cela représente |
|---|---|---|
| 1 CH | 1/100 | Une goutte dans une petite cuillère d'eau environ |
| 3 CH | 1/1 000 000 (10-6) | Une dilution au millionième |
| 5 CH | 10-10 | Une dilution au dix-milliardième |
| 9 CH | 10-18 | Une trace infime, difficilement détectable |
| 12 CH | 10-24 | Seuil au-delà duquel, d'après le nombre d'Avogadro, il est très improbable qu'il reste une seule molécule de la substance de départ |
| 15 CH, 30 CH | 10-30, 10-60 | Aucune molécule de départ attendue |
C'est le cœur du débat scientifique : à partir d'environ 12 CH, il ne reste statistiquement plus de substance active. Les défenseurs de l'homéopathie avancent l'idée d'une « mémoire » transmise par l'eau ; cette hypothèse, popularisée par l'affaire Benveniste à la fin des années 1980, n'a pas été confirmée par des expériences reproductibles et entre en contradiction avec les connaissances en physique et en chimie.
Pendant des décennies, les médicaments homéopathiques prescrits étaient remboursés par l'Assurance maladie à 30 %, par dérogation, sans avoir fait l'objet d'une évaluation comparable à celle des autres médicaments. En 2018, la ministre de la Santé a saisi la Haute Autorité de santé pour évaluer le bien-fondé de ce remboursement.
Après avoir analysé la littérature disponible pour de nombreuses affections, la HAS a publié son avis en juin 2019 : elle a estimé que les médicaments homéopathiques n'avaient pas démontré une efficacité suffisante pour justifier un remboursement, et s'est prononcée pour un avis défavorable à leur prise en charge.
Le gouvernement a suivi cet avis avec une transition :
Ce déremboursement ne signifie pas une interdiction : les médicaments homéopathiques restent autorisés, peuvent toujours être prescrits et achetés en pharmacie. Certaines mutuelles continuent de les prendre en charge dans des forfaits « médecines douces » ou « pharmacie non remboursée ». Notre article sur les médecines douces remboursées par la mutuelle explique comment vérifier votre contrat.
De nombreuses études ont été menées sur l'homéopathie depuis le XXe siècle, avec des résultats contradictoires. Les synthèses les plus rigoureuses concluent cependant de façon convergente :
Les partisans de l'homéopathie objectent que la méthode, très individualisée, se prête mal aux essais standardisés, et mettent en avant la satisfaction des patients et des praticiens. Ces arguments méritent d'être entendus, mais l'individualisation peut aussi être étudiée en essai contrôlé, et la satisfaction ne suffit pas à démontrer un effet propre du remède.
Dire qu'un remède n'a pas démontré d'efficacité supérieure au placebo ne revient pas à dire que les personnes qui l'utilisent « imaginent » leur amélioration : elle peut être bien réelle, mais due à d'autres facteurs.
Beaucoup d'utilisateurs témoignent sincèrement d'un mieux-être. Plusieurs phénomènes, bien connus, l'expliquent sans avoir à invoquer un effet propre des granules :
Reconnaître ces mécanismes permet de respecter l'expérience des personnes tout en restant honnête sur ce que l'on sait des remèdes eux-mêmes.
Les granules homéopathiques à haute dilution ne présentent en général pas de toxicité propre. Le risque principal est ailleurs : la perte de chance lorsqu'on les utilise à la place d'un traitement efficace ou que l'on retarde une consultation.
Vous êtes libre de continuer à utiliser l'homéopathie si elle vous convient. Quelques repères permettent de le faire en sécurité :
Pour choisir une approche ou une formation de façon éclairée, nos critères pour choisir une formation en médecines douces reconnue rappellent l'importance d'un discours mesuré, qui distingue clairement tradition, usage et preuve.
Vous vous intéressez aux approches naturelles et souhaitez accompagner d'autres personnes avec rigueur ? Notre fiche détaillée présente une formation de naturopathe en ligne, axée sur l'hygiène de vie et la prudence. Pour compléter, découvrez aussi la formation en phytothérapie, la formation en méditation et la formation en relaxologie.
Voir les 48 formationsLe médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843), qui en expose le principe en 1796 et publie l'Organon de l'art de guérir en 1810.
CH signifie centésimale hahnemannienne : chaque CH correspond à une dilution au centième. Une 5 CH est donc diluée 10 puissance 10 fois, une 9 CH 10 puissance 18 fois.
En juin 2019, la Haute Autorité de santé a estimé que son efficacité n'était pas suffisamment démontrée. Le remboursement est passé à 15 % en 2020, puis a été supprimé le 1er janvier 2021.
Non. Les médicaments homéopathiques restent autorisés, peuvent être prescrits et sont vendus en pharmacie. Certaines mutuelles les prennent encore en charge.
Les synthèses les plus rigoureuses, dont celle du NHMRC australien en 2015, n'ont trouvé aucune affection pour laquelle des preuves fiables montrent une efficacité. Le mieux-être ressenti s'explique par d'autres facteurs.
Les hautes dilutions n'ont généralement pas de toxicité propre, mais le risque est de remplacer ou retarder un traitement efficace. Elle ne doit jamais se substituer à un traitement prescrit ni à un vaccin.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
Qu'est-ce que les médecines douces ? Définition officielle, différence entre médecine complémentaire et alternative, liste des pratiques et précautions.
Ostéopathie, sophrologie, naturopathie : quelles médecines douces sont remboursées, par la Sécurité sociale ou la mutuelle, à quelles conditions et comment.
Menthe poivrée, gingembre, harpagophytum, échinacée, millepertuis : 20 plantes médicinales, leurs usages reconnus, leurs formes et leurs précautions.