Art-thérapie : définition, séance type et comment devenir art-thérapeute
L'art-thérapie expliquée : définition, formes (dessin, musique, écriture), déroulement d'une séance, public concerné et formations pour devenir art-thérapeute.
Le deuil n'est pas un parcours linéaire : les émotions vont et viennent par vagues, et il n'existe ni bonne façon ni calendrier imposé pour le vivre. Rituels, écriture, soin du corps et soutien des autres aident à traverser la perte. Une douleur qui reste paralysante au fil des mois justifie de consulter.

Le mot deuil désigne à la fois la perte d'une personne aimée et le travail intérieur qui suit. On l'emploie aussi pour d'autres pertes (séparation, animal, santé, projet), mais cet article parle surtout du décès d'un proche. Retenez d'abord une idée simple : le deuil n'est pas une maladie, c'est une réponse normale à une perte importante. Il n'a pas de durée réglementaire et ne se « termine » pas comme on clôt un dossier.
Beaucoup de personnes endeuillées s'inquiètent de ne pas « avancer correctement ». Elles se sentent mieux pendant quelques jours, puis s'effondrent devant une chanson, une odeur ou un objet. Cette alternance n'est pas un retour en arrière : c'est la forme habituelle du deuil. Avec le temps, les vagues deviennent en général moins fréquentes et moins longues, sans disparaître totalement. On parle souvent de vivre avec l'absence plutôt que de l'oublier, et de garder un lien intérieur avec la personne disparue.
Plusieurs facteurs influencent l'intensité du deuil : la nature du lien, les circonstances du décès (soudain, violent, après une longue maladie), l'âge du défunt, les deuils antérieurs, le soutien disponible, les difficultés matérielles qui s'ajoutent. Un décès brutal ou un suicide, par exemple, laisse souvent davantage de questions et de culpabilité. Comparer son deuil à celui des autres n'a donc pas beaucoup de sens.
La psychiatre suisso-américaine Elisabeth Kübler-Ross a publié en 1969 On Death and Dying (traduit en français sous le titre Les Derniers Instants de la vie). À partir d'entretiens avec des patients gravement malades, elle y décrit cinq réactions face à l'annonce de sa propre mort : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Le modèle a ensuite été largement appliqué aux proches endeuillés, puis à toutes sortes de pertes.
Ce succès a un revers. Ces étapes ont souvent été comprises comme une séquence obligatoire, alors que Kübler-Ross elle-même ne les présentait pas comme un ordre fixe. Les recherches ultérieures n'ont pas confirmé qu'un deuil suive ces phases dans cet ordre. Le risque est de se juger (« je n'ai pas eu de colère, est-ce normal ? ») ou de juger les autres (« il devrait déjà avoir accepté »). Ces mots restent utiles pour nommer des émotions que l'on traverse, mais pas comme une carte à suivre.
Proposé à la fin des années 1990 par les chercheurs Margaret Stroebe et Henk Schut, de l'université d'Utrecht, le modèle du double processus (Dual Process Model) décrit le deuil comme une oscillation entre deux types d'activités :
L'idée centrale est que cette alternance est saine. Personne ne peut rester en permanence face à la douleur, et personne ne gagne à l'éviter complètement. Se surprendre à rire avec des amis puis pleurer le soir même n'a rien d'incohérent : c'est exactement ce mouvement de va-et-vient.
| Critère | Étapes de Kübler-Ross | Double processus (Stroebe et Schut) |
|---|---|---|
| Public d'origine | Personnes en fin de vie | Personnes endeuillées |
| Forme | Cinq réactions souvent lues comme une suite | Va-et-vient entre perte et reconstruction |
| Point fort | Donne des mots simples aux émotions | Normalise les moments de répit et les rechutes |
| Limite principale | Ordre fixe non confirmé par la recherche | Modèle descriptif, pas un mode d'emploi |
| Usage pratique | Repérer une émotion du moment | Équilibrer temps de deuil et temps de vie |
Les réactions au deuil touchent tout l'organisme. Les connaître évite de s'alarmer inutilement, tout en gardant en tête qu'un symptôme physique persistant mérite un avis médical.
| Domaine | Réactions courantes | Ce qui peut aider |
|---|---|---|
| Physique | Fatigue intense, troubles du sommeil, perte ou excès d'appétit, gorge serrée, oppression, baisse de défenses | Repas simples et réguliers, marche, siestes courtes, consultation si cela dure |
| Émotionnel | Tristesse, manque, colère, culpabilité, soulagement (après une longue maladie), anxiété, sentiment d'irréalité | Accueillir sans juger, en parler, écrire |
| Cognitif | Difficultés de concentration, oublis, pensées tournées vers le défunt, impression de l'entendre ou de le voir | Listes, rappels, alléger les tâches, s'autoriser à être moins efficace |
| Social | Envie de s'isoler, irritation face aux phrases maladroites, impression que les autres ont « tourné la page » | Choisir quelques personnes ressources, dire ce dont on a besoin |
Le soulagement ressenti après une longue maladie, ou la colère contre le défunt, font partie des émotions fréquentes et souvent tues. Elles n'enlèvent rien à l'amour porté à la personne. Les impressions de présence (entendre son pas, sentir son parfum) sont également décrites par de nombreuses personnes endeuillées et ne signifient pas, en elles-mêmes, un trouble psychique.
Le sommeil est souvent le premier touché. Si vous vous réveillez chaque nuit aux mêmes heures, notre article sur les réveils nocturnes propose des gestes concrets pour limiter les ruminations au milieu de la nuit.
Aucune technique n'efface la douleur de la perte. Les approches suivantes visent plutôt à lui donner une place, à préserver le corps et à maintenir le lien avec les autres. Prenez ce qui vous parle, laissez le reste.
Au-delà des obsèques, les rituels donnent une forme à l'absence : allumer une bougie à heure fixe, cuisiner le plat préféré du défunt, planter un arbre, se rendre une fois par mois dans un lieu qu'il aimait, écouter « sa » musique. Un rituel n'a pas besoin d'être religieux ni spectaculaire. Ce qui compte, c'est qu'il soit choisi et limité dans le temps, pour encadrer le moment de souvenir plutôt que de le laisser envahir toute la journée.
L'écriture permet de mettre en mots ce qui tourne en boucle. Une pratique simple consiste à écrire une lettre au défunt : ce que vous auriez voulu lui dire, ce que vous regrettez, ce que vous gardez de lui, ce qui se passe dans votre vie depuis son départ. Vous pouvez la conserver, la relire à une date anniversaire, la lire sur sa tombe ou la brûler. Certaines personnes écrivent ensuite la réponse qu'elles imaginent recevoir, ce qui apaise parfois la culpabilité. Pour une pratique plus régulière, notre guide du journaling et de ses questions d'écriture propose des méthodes pas à pas.
Il n'y a aucune urgence à vider une chambre ou à donner des vêtements. Une approche progressive consiste à constituer une boîte à mémoire : quelques photos, une lettre, un objet du quotidien, un tissu. Le reste peut être trié plus tard, en plusieurs fois, idéalement accompagné. Certaines personnes font réaliser un coussin ou un plaid avec des vêtements du défunt.
Dessiner, peindre, faire un collage de photos, écrire un poème : l'expression créative permet de dire ce que les mots peinent à formuler. Cette démarche est au cœur de l'art-thérapie, qui peut être proposée en groupe ou en individuel par des praticiens formés.
Rencontrer d'autres personnes qui ont perdu un proche brise souvent le sentiment d'être incompris. De nombreuses associations d'accompagnement du deuil, ainsi que certains services hospitaliers, unités de soins palliatifs et mutuelles, proposent des groupes de parole, des permanences d'écoute ou des entretiens individuels, souvent gratuits. Il existe aussi des groupes spécifiques (perte d'un enfant, d'un conjoint, deuil après suicide). Votre mairie, votre médecin ou l'équipe qui a accompagné la fin de vie peuvent vous orienter.
Enfin, certaines personnes ressentent le besoin de situer la perte dans l'histoire familiale : décès répétés à certains âges, deuils non faits dans les générations précédentes. La psychogénéalogie et le génogramme offrent un cadre de réflexion, à condition de les utiliser avec recul et sans sur-interpréter les coïncidences.
Le premier anniversaire du décès, la date de naissance du défunt, Noël, l'Aïd, la fête des mères ou des pères, les vacances : ces dates réveillent souvent l'absence avec force, parfois plus encore les jours qui précèdent. Les anticiper ne supprime pas la peine, mais évite d'être pris de court.
Les dates difficiles ne concernent pas que la première année. Il est fréquent qu'un anniversaire, des années plus tard, réveille une émotion intense : ce n'est pas le signe d'un deuil « raté ».
Face à quelqu'un qui vient de perdre un proche, on craint de mal faire, et l'on finit parfois par ne rien faire du tout. Or la présence compte souvent plus que les mots. Proposez une aide concrète et précise (« je fais tes courses jeudi », « je garde les enfants samedi matin ») plutôt qu'un vague « appelle-moi si besoin ». Prononcez le prénom du défunt, partagez un souvenir, et revenez vers la personne après quelques semaines, quand l'entourage s'est souvent éloigné.
| Situation | Phrase utile | Phrase à éviter |
|---|---|---|
| Juste après le décès | « Je suis tellement désolé. Je pense à toi. » | « Je sais exactement ce que tu ressens. » |
| Proposer de l'aide | « Je t'apporte un repas mardi soir, ça te va ? » | « N'hésite pas si tu as besoin de quoi que ce soit. » |
| Parler du défunt | « Je me souviens de son rire au mariage de Léa. » | Éviter soigneusement de prononcer son prénom |
| Face aux larmes | « Tu as le droit de pleurer, je reste là. » | « Sois fort », « Il faut tenir pour les enfants. » |
| Après une longue maladie | « Ces mois ont dû être épuisants. » | « C'est mieux comme ça, il ne souffre plus. » |
| Des mois plus tard | « Comment ça va, vraiment, en ce moment ? » | « Il serait temps de passer à autre chose. » |
| Perte d'un enfant ou grossesse | « Votre enfant compte et comptera toujours. » | « Vous êtes jeunes, vous en aurez d'autres. » |
Si vous accompagnez une personne qui était proche aidante pendant une longue maladie, sachez que l'épuisement accumulé peut se manifester après le décès. Les soignants et bénévoles formés à l'accompagnement de la fin de vie connaissent bien ce moment de bascule.
Les enfants vivent le deuil à leur manière, souvent par « flaques » : ils peuvent pleurer intensément puis repartir jouer quelques minutes plus tard, ce qui ne signifie pas qu'ils sont indifférents. Leur compréhension de la mort évolue avec l'âge : le jeune enfant peut ne pas saisir son caractère définitif et poser plusieurs fois la même question.
Un changement durable du comportement (repli, troubles du sommeil persistants, régression importante, difficultés scolaires marquées, propos inquiétants) justifie de consulter le médecin traitant ou un pédopsychiatre.
Pour la plupart des personnes, la douleur reste présente mais devient peu à peu compatible avec la vie quotidienne. Chez une minorité, elle demeure envahissante et paralysante. La Classification internationale des maladies de l'OMS (CIM-11) reconnaît désormais un trouble du deuil prolongé : un manque intense et persistant de la personne disparue ou une préoccupation envahissante à son sujet, avec une détresse émotionnelle marquée, qui dure au-delà d'une période d'au moins six mois après le décès, dépasse ce qui est attendu dans le contexte culturel de la personne et altère nettement son fonctionnement. Ce diagnostic relève exclusivement d'un professionnel de santé ; il ne s'agit pas de « mesurer » son propre deuil avec un chronomètre.
Le deuil peut aussi déclencher ou aggraver une dépression, un trouble anxieux ou un stress post-traumatique, notamment après un décès brutal. Consultez votre médecin traitant, un psychologue ou un psychiatre si :
Si vous avez des pensées suicidaires, appelez le 3114 (France, 24 h/24, gratuit). En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Les approches décrites dans cet article accompagnent le deuil ; elles ne remplacent ni un suivi médical ni une psychothérapie lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Pour préserver votre équilibre au fil des mois, notre guide des solutions naturelles contre le stress et l'anxiété rassemble les habitudes de base qui soutiennent l'équilibre.
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Voir les 48 formationsIl n'existe pas de durée normale. Pour la plupart des personnes, la douleur reste présente mais devient peu à peu compatible avec la vie quotidienne au fil des mois, avec des vagues plus intenses lors des dates anniversaires.
Elisabeth Kübler-Ross a décrit en 1969 le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation, à partir d'entretiens avec des personnes en fin de vie. Ces réactions ne surviennent pas forcément dans cet ordre, ni toutes, chez les personnes endeuillées.
Proposé par Margaret Stroebe et Henk Schut, il décrit le deuil comme une oscillation entre des moments tournés vers la perte (pleurer, se souvenir) et des moments tournés vers la reconstruction (démarches, nouvelles routines, répit). Cette alternance est considérée comme saine.
Avec des mots simples et vrais adaptés à son âge, en évitant les euphémismes comme « il dort » ou « il est parti ». Il faut le rassurer sur ce qui continue, lever toute culpabilité et lui proposer, sans obligation, une place dans les rituels.
La CIM-11 de l'OMS décrit un manque intense et persistant du défunt, avec une détresse marquée, qui dure au-delà d'au moins six mois, dépasse les normes culturelles et altère nettement le fonctionnement. Seul un professionnel de santé peut poser ce diagnostic.
Des phrases simples et sincères comme « Je pense à toi » ou un souvenir du défunt, accompagnées d'une aide concrète. Évitez « Je sais ce que tu ressens », « Sois fort » ou « Il faut passer à autre chose ».
Si la douleur ne s'atténue pas du tout au fil des mois, empêche de fonctionner, s'accompagne de consommation de substances, d'une culpabilité écrasante ou d'idées suicidaires. En France, le 3114 répond 24 h/24 en cas de détresse.
Information santé : cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. Transparence : certains liens vers des formations sont des liens d'affiliation ; ils n'entraînent aucun surcoût pour vous.
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